Accueil Date de création : 08/09/07 Dernière mise à jour : 03/07/09 19:01 / 112 articles publiés

EVENEMENTS ET CONCERTS

Vincent Grass, Superstar à Disneyland Resort!  (EVENEMENTS ET CONCERTS) posté le mardi 17 juin 2008 19:17

 

Le 20 juin prochain (ce sera un vendredi) , les héros du Monde de Narnia Chapitre 2: Le prince de Caspian seront à Marne la Vallée dans le monde enchanté de Disney. Si si!

Je suis très sérieuse! En tant que mère de famille, vous imaginez bien que je m'y connais en parcs à thème et en dessins-animés. Les chansons de Disney n'ont aucun secret pour moi. J'ai donc déjà deux bonnes raisons de vous parler de cet événement.

La troisième bonne raison, c'est que mon ami comédien Vincent Grass (lequel prête sa voix à l'émission de radio que je produis sur France Inter depuis l'aube des temps, c'est à dire l'année 2000, émission qui se prend pour un parking ou une bibliothèque sonore, c'est selon...) tient un des rôles importants du film: il est le docteur Cornelius! Je suis donc avec ma fille en admiration totale devant lui et j'ai hâte, comme vous, de le découvrir grimmé au cinéma dans ce rôle d'importance...

Enfin, la quatrième raison, c'est le score signé Harry Gregson-Williams, auquel on doit la musique du premier chapitre. Il s'agit ici de sa quatrième collaboration avec le réalisateur Andrew Adamson (Les deux premiers étant Shrek et Shrek two).  Un partition ample et qui adhère parfaitement à l'univers du romancier C.S. Lewis. Plus grave que la précédente, elle gagne en tension dramatique et semble signifier aux ados que la féérie ne dure que le temps d'un premier chapitre pour faire place à un monde plus radical. La partition est éditiée chez... Disney Records!

Mais revenons à nos moutons au pays des rêves:

Au cours de cette journée du 20 juin, donc, journée exceptionnelle, vous pourrez découvrir le nouveau chapitre des spectaculaires aventures des enfants Pevensie, mais aussi rencontrer en vrai l'équipe du film / celle de devant et de derrière la caméra.

Voilà. Rien que pour vous, Mark Johnson, le producteur, Andrew Adamson, le réalisateur, Georgie Henley, Skandar Keynes, William Mosely, Anna Popplewell, les enfants Pevensie, Vincent Grass, donc, le Docteur Cornelius sans oublier Ben Barnes qui incarne le Prince Caspian...

"Unissant la magie du film et celle des Parcs Disney" dixit le dossier de presse, Walt Disney Studios et Disneyland Resort Paris vous donnent donc rendez-vous à 17h00 pour découvrir en chair et en os les héros de Narnia "dans une fastueuse présentation au pied du château de la Belle au Bois Dormant", toujours dixit le dossier de presse.  Dans une ambiance médiévale, entre dresseurs de rapaces, chevaux, cavaliers et danseurs, le tapis rouge se déroule pour vous conduire jusqu’à Disney Village où se tiendra l’avant-première du film.

Trop cool, comme dirait ma fille.

A 19h00 sonnera alors l’heure de la projection, lancée par l’équipe du film elle-même.  Porteurs de drapeaux, jongleurs de feu, performers, danseurs seront là pour vous accueillir.  

C'est pas top, tout ça?

Qui c'est qui va être content?

Sérieusement, il faut bien reconnaître que Disney fait bien les choses! J'aurais bien aimé qu'il fassent pareille avec Indiana Jones... Dommage...

Mais Narnia, c'est bien! Surtout avec notre ami Vincent Grass!

Bon, je compte sur vous pour venir à lui et lui demander des autographes.

 

Voilà les informations pratiques : 

les places sont en vente depuis le 9 juin aux guichets du cinéma Gaumont Disney Village. Réservation également possible depuis le 18 juin sur le site : www.cinemasgaumont.com

J'espère qu'il y a encore des places!

Et merde pour Vincent...

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Le cinéma le Balzac fait la fête aux B.O.F. avant la fête de la musique  (EVENEMENTS ET CONCERTS) posté le lundi 09 juin 2008 15:29

 

 

 40 musiciens en deux jours sur la scène du Balzac, il fallait oser, ils vont le faire.

Le cinéma Balzac accueille quatre grands ensembles pour deux ciné-concerts jazz exceptionnels jeudi 19 juin et vendredi 20 juin 2008, soit deux jours avant la fête de la musique.

 

Jeudi 19 juin, 20h30

- PREMIERE PARTIE DE SEANCE

Un programme de courts métrages muets accompagnés en direct par la formation Archimusic de Jean-Rémi Guédon

Double Whoopee, avec Laurel et Hardy 

Voisin, voisine, avec Buster Keaton 

Charlot et le comte, avec Charles Chaplin

Big Business, avec Laurel et Hardy 

 

- LE LONG METRAGE

La Nouvelle Babylone, de Grigori Kozintsev et Leonid Trauberg (URSS, 1929)

La Commune de Paris vue par les employés d'un grand magasin. 

Le film sera accompagné par Surnatural Orchestra, formation fanfare de 19 musiciens.

 

Vendredi 20 juin, 20h30

- PREMIERE PARTIE DE SEANCE

Fantaisie en Super 8 majeur

Avec le SonArt, Compagnie Musicale de David Chevallier

 

- LE LONG METRAGE

Le Signe de Zorro, de Fred Niblo (Etats-Unis, 1920)

Ce grand classique du film de cape et d’épée avec Douglas Fairbanks dans le rôle de Zorro sera accompagné par le Ciné X’tet de Bruno Régnier, formation jazz de 9 musiciens déjà venue plusieurs fois au Balzac présenter des créations sur des films de Buster Keaton.

 

Archimusic, Surnatural Orchestra, le SonArt et Ciné X’tet/Bruno Regnier font partie de l’association Grands Formats. Fondée en 2003, cette association fédère aujourd’hui vingt orchestres présents sur l'ensemble du territoire et représentatifs de la diversité des mondes du jazz.

Pour en savoir plus :  http://www.grandsformats.com

 

Et pour en savoir plus sur la programmation du Cinéma LE BALZAC - 1 rue Balzac - 75008 Paris : www.cinemabalzac.com

 

 

 

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Heureux Gabriel!  (EVENEMENTS ET CONCERTS) posté le vendredi 30 mai 2008 19:50

Pour la troisième année consécutive au Festival de Cannes, France Musique (et depuis deux ans avec le concours de la SACEM) a remis un prix de la musique de film, ce prix récompensant un compositeur ayant créé une musique de film symphonique originale. C’est donc Gabriel Yared qui a reçu la récompense (pour son travail sur Par Effraction, partition soit dit en passant, qui n’est pas symphonique mais enrichie de matériaux sonores et d’instruments ethniques et composée main dans la main avec le groupe Underworld et le réalisateur Anthony Minghella) celle-ci étant particulièrement stimulante pour un musicien : le lauréat reçoit la commande d’une œuvre originale de Radio France. Celle-ci est créée l’année suivante au Festival de Cannes par l’Orchestre de Cannes Provence Alpes Côte d’Azur sous la direction de Philippe Bender.

Cette année, c’est donc le précédent lauréat, le compositeur italien de grand talent Franco PIERSANTI qui a donné à l’heureux public cannois l’œuvre écrite pour l’occasion, le dimanche 25 mai à l’hôtel Sofitel Palais Stéphanie, La malinconia e la sua cura, pour violon et violoncelle solo, orchestre à cordes, gong et tambourin.

 

Il est regrettable que ce concert n'existe qu'à Cannes, le temps d'un festival. Je trouverais formidable que France Musique organise un autre concert à Paris, pourquoi pas à l'occasion de la fête de la musique, à la maison de la radio, avec l'orchestre de Radio France...

 

Potin cannois: la direction de France Musique  a proposé à Gabriel Yared d'écrire leur nouvel habillage d'antenne. Le compositeur réfléchit à la proposition: voilà un certain temps qu'il n'a pas écrit ce genre de micro-oeuvre sonore...

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Cannes, la musique, tout de même !  (EVENEMENTS ET CONCERTS) posté le vendredi 30 mai 2008 19:48


Le 22 mai a été remis dans le cadre du 61e Festival du Film de Cannes le Prix UCMF de la Musique de Film, qui honore chaque année les compositions non symphoniques pour l’image.
L’Union des Compositeurs de Musiques de Films a remis ce prix à Khaled MOUZANAR, le compositeur libanais du Film ‘’Caramel’’de Nadine LABAKI. Ce prix a été remis sur le ‘’Pavillon Les Cinémas du Sud’’, en présence du compositeur et de la réalisatrice, ainsi que de nombreux officiels et artistes représentants des pays du Sud.

Toutes mes félicitations à l’heureux gagnant. Souhaitons lui une aussi belle carrière qu’un autre Libanais, lui aussi honoré à Cannes cette année : Gabriel Yared.

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FESTIVAL DE CANNES: 61 ans de partitions de cinéma  (EVENEMENTS ET CONCERTS) posté le mercredi 14 mai 2008 22:19



Le 61ème festival de Cannes est l’occasion de rendre hommage à ces musiciens, compositeurs, éternels débutants face à ce film qui les attend, à ces hommes et ces femmes qui ont cette étrange habitude d’écouter un scénario alors que les autres les lisent.

Déroulant 61 ans de bobines passées sur la Croisette, apparaissent quelques fabuleuses partitions, posées telles des perles de pluie sur des Palme d’or. Leur petite histoire connaît des reflets surprenants…
Je m’en vais donc vous les conter, et si vous voulez les écouter, il faudra dénicher cette compilation spéciale FESTIVAL DE CANNES 2007 (60 ans de partitions, coffret 2 CD) éditée chez NAIVE et sur laquelle vous retrouverez ces petits commentaires sous forme de livret bilingue. Nous avions avec Thomas Jamois compilé (surtout Thomas) quelques belles pièces sonores du Festival (une belle coédition avec ma radio...)

Petit Historique.


1946 - A l’origine, il est un Festival aux couleurs de l’été indien, événement rassurant et enthousiaste d’après guerre, qui cherche encore ses repères mais qui sait déjà qu’il sera un grand, un très grand festival international du cinéma. Difficile de se rendre compte de la complexité du palmarès à cette époque : la volonté du Festival est de récompenser les différents postes techniques et artistiques des films en sélection. René Clément reçoit le premier Grand Prix du Festival de Cannes pour son film « La Bataille du rail » . Georges Auric est lui distingué par le Prix SACEM pour sa partition de « La Symphonie Pastorale ».

1947 - Vincente Minelli obtient le Grand Prix de la Comédie Musicale avec « Ziegfeld Follies », film à sketchs musicaux valorisant les stars de la Metro Goldwin Mayer de l’époque, comme la délicieuse Judy Garland alors âgée de 22 ans.

1949 – La première Palme d’Or est attribuée au chef d’œuvre de Carol Reed, d’après le roman de Graham Green « Le Troisième Homme », avec Orson Welles dans le rôle principal. L’anecdote concernant la partition du film, signée Anton Karas (musicien autrichien né à Viennes en 1906), est savoureuse : c’est en l’entendant jouer de la cithare dans un bar à vin viennois que Carol Reed décide de confier la musique du film qu’il va tantôt tourner dans la ville. Anton Karas qui ne connaît rien au cinéma se retrouve bientôt à Londres pour l’enregistrement: après bien des tâtonnements, il compose un thème principal, y associe des compositions de son cru et quelques mélodies viennoises. Le succès du film et de sa musique lui rapportera beaucoup d’argent – pactole qu’il emploiera à financer l’achat… d’une taverne baptisée «Le Troisième Homme».

1951 – Le cinéma italien triomphe sur la Croisette. Le film de Vittorio de Sica “ Miracle à Milan ” doit beaucoup à la fantaisie de la partition de son compositeur : Alessandro Cicognini. Cicognini ne croyait pas à l’importance de ses musiques de films. Ainsi a-t-il volontairement jeté toutes ses partitions écrites pour le cinéma. Le maestro pensait avoir composé de la musique “ dégradable ”, n’ayant un intérêt que dans la mesure où elle vit sur l’écran. Bel aveu de modestie pour un compositeur qui demeure à ce jour le seul à avoir écrit la partition de deux Palme d’Or deux années consécutives (en 1952, c’est le film “ Deux sous d’espoir ” du réalisateur italien Renato Castellani qui remporte la Palme, ex-aequo avec “ Othello ” d’Orson Welles.)  1951, c’est aussi la dernière année où un prix est remis à la partition musicale d’un film. Joseph Kosma est donc l’ultime compositeur à être récompensé à Cannes pour « Juliette ou la clef des songes » de Marcel Carné.

1957 - C’est un film Américain produit par la RKO “ La Loi du Seigneur ” (Friendly Persuasion) de William Wyler qui obtient la récompense suprême. Gary Cooper et Anthony Perkins se donnent la réplique sur une partition héroïque de Dimitri Tiomkin. De formation classique, le compositeur russe, émigré aux Etats-Unis dans les années 30, a mis son incroyable talent au service du Western : “ Le Train sifflera trois fois ”, “ Règlement de comptes à OK Corral ” et “ Duel au soleil ” sont quelques-unes de ses partitions incontournables. “ La Loi du Seigneur ” est écrite dans cette veine dramatico-romantique de tradition hollywoodienne. Elle sera d’ailleurs une des rares partitions symphoniques palmées à l’opposée de musiques traditionnelles, folkloriques ou inscrites dans un mouvement musical d’une époque donnée.

1959 - En remettant la Palme d’Or au film de Marcel Camus “ Orfeu Negro ”, le Jury de Cannes déclenche involontairement un phénomène de mode musical dans le monde entier : la Bossa Nova. Ce “ rythme nouveau venu du Brésil ” met le musicien Antonio Carlos Jobim au-devant de la scène. L’engouement du public pour sa musique est similaire à celui rencontré par le “ Buena Vista Social Club ” après le film que lui consacra Wim Wenders.

1960 -  “ La Dolce Vita ”, comme tous les films de Fellini tournés avant la disparition de Nino Rota en 1979, porte la marque du compositeur fétiche. Sensuelle, nostalgique, généreuse, elle caresse le film de ce petit miracle propre au musicien. Pourtant, les critiques sont loin de considérer le film de Fellini comme un chef d’œuvre et la Palme ne fait pas l’unanimité sur la Croisette. 3 ans après “ La Dolce Vita ”, un autre film italien remportera la Palme d’Or avec une partition de Nino Rota : « Le Guépard », de Visconti. 

1961 : Le Festival a 15 ans. Jean Giono préside le Jury. La nouvelle vague continue doucement d’envahir la croisette. C’est Georges Delerue qui compose la petite valse du film d’Henry Colpi “ Une aussi longue absence ”, Palme d’Or ex-aequo avec “ Viridiana ” de Buñuel. Compositeur indissociable de Truffaut, Delerue a toujours su trouver la juste place à sa musique dans les films : accompagner et mettre en valeur sans jamais s’imposer ni paraphraser. Ses valses sont comme des pétales de fleur : même rondeur, même simplicité, même raffinement.

1964 - Subtil, parfaitement inattendu, en équilibre entre le quotidien d’une marchande de parapluies et un rêve multicoloré, l’œuvre de Jacques Demy “ Les Parapluies de Cherbourg ” est le premier film musical à être palmé. À travers cette expérience unique de comédie musicale dans le cinéma français, c’est l’émergence du caractère d’un jeune compositeur un peu chien fou et absolument doué : celui de Michel Legrand. L’ébauche d’un thème néo-classique pour une séquence du film, des mots quotidiens que l’on s’amuse à faire chanter, et c’est le coup de foudre entre Demy et Legrand. Ici, la musique fait partie intégrante de l’écriture cinématographique. Grâce à cette réussite, la carrière de Michel Legrand est lancée.

1965 -“The Knack ” film du cinéaste Britannique Richard Lester remporte la Palme sur la Croisette. Au générique, on remarque le nom d’un jeune compositeur anglais dont on parle beaucoup : John Barry. John est plus que talentueux : ses arrangements du fameux James Bond Theme et ses premières partitions de cinéma lui font déjà gagner beaucoup d’argent. Mais il ne semble pas prendre cela très au sérieux. S’il se décide à écrire la partition de “ The Knack ”, c’est pour payer le loyer de son nouvel appartement Londonien. Sirupeuse, kitch, swing et jazzy, la bande originale de “ The Knack ” est l’exact reflet d’une époque facile et du caractère du jeune compositeur. Sans doute est-ce cet esprit de liberté exacerbée qui séduisit Alain Robbe-Grillet, membre du Jury cette année-là.

1966 - Claude Lelouch, jeune cinéaste dans le vent, offre une des plus belles histoires d’amour au cinéma. “Un Homme et une Femme ” devient la Palme d’Or française par excellence. Très vite et pour longtemps, on associe la musique du film composée par Francis Lai au Festival de Cannes : pas une actualité télévisée, pas une image de la Croisette sans les fameux dabadabada en illustration musicale. S’il est une reine de la mélodie Palmée, c’est bien celle-ci.

1967 - Un cinéaste italien vient bouleverser la Croisette avec un film évènement produit en Angleterre. En choisissant de lui décerner la Palme d’Or, le jury du Festival privilégie la critique sociologique et sociale, la réflexion sur l’actualité d’une époque en pleine mutation. “ Blow Up ” d’Antonioni est une critique de la London Fashion vu à travers l’objectif d’un photographe. Le film bénéficie d’une bande originale jazzy qui, mis à part quelques orchestrations un peu défraîchies, demeure l’une des plus belle du cinéma. C’est Herbie Hancock lui-même qui proposa à Antonioni (grand fan de jazz) d’écrire la partition du film. Il travailla sur la base de nombreuses sources d’inspirations: blues, rock’n’roll, jazz, musique latino-américaine et même quelques orchestrations doucereuses à la “ Mancini ”. Le tout avec cette spontanéité et cette liberté propres à son style. “ Blow Up ” et ses scènes d’érotisme que l’on trouverait aujourd’hui bien timides, remporta un succès mondial et la faveur de nombreux publics.

1970 - L’armée américaine en prend pour son matricule. La Palme d’Or est attribuée à un ex-pilote de B-24 de la deuxième guerre mondiale : Robert Altman. C’est Johnny Mandel, un musicien West Coast plus habitué aux partitions jazzy qui écrit pour “ M*A*S*H ” une chanson jugée à l’époque particulièrement outrageante: “ Suicide is painless ”, traduisez “ Le suicide fait moins mal ”. La mélodie et l’orchestration sont une franche caricature de l’univers musical de groupes peace and love des seventies. La chanson vient à plusieurs reprises relever le propos du film d’un supplément d’ironie. Aussi loufoque que les images, la bande sonore de “ M*A*S*H ” mélange gaiement musique militaire et répliques irrévérencieuses.

1971 - C’est le retour des Anglais sur la Croisette. Grâce au talent de Joseph Losey, Michel Legrand s’offre une seconde partition palmée.“ Le Messager ” de Joseph Losey, c’est avant tout une mélodie écrite sur l’idée d’un film : celle d’une correspondance, d’un va-et-vient de lettres d’amour entre deux individus, d’une main qui porte les  précieuses lettres. Pour traduire cet effet de ping-pong, Michel Legrand utilise les arpèges montantes puis descendantes jouées alternativement sur deux instruments et dans deux tempi différents. Quant au style baroque et l’emploi du clavecin et de la harpe, ils épousent parfaitement la couleur du film - et celle des années 70.

1972 - « La Classe ouvrière va au paradis » d’Elio Petri permet à Ennio Morricone d’être palmé pour la première fois. Son travail s’inscrit dans une trilogie entamée avec le cinéaste autour de ses thèmes fétiches: raconter sous la forme d’une comédie dramatique le trajet d’un homme absorbé par un système et une idéologie qui finalement se retournent contre lui.  La partition de Morricone met en valeur la quête du héros de Petri. Son thème, égrainé avec lenteur, rappelle dans sa structure celui écrit pour un autre film de Petri “ Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon ”. Grave, dérisoire, pathétique, la musique se perd dans les méandres d’un destin tragique.

1976 - “ Taxi Driver ” de Martin Scorcese remporte la Palme d’Or. Le compositeur de la musique du film, Bernard Herrmann, n’est pas là. Il est décédé six mois plus tôt, le soir de Noël. Depuis 10 ans, Herrmann avait cessé sa collaboration avec Hitchcock. Leur brouille survenue à propos de la partition du film “ Le Rideau déchiré ” (elle fut refusée par le cinéaste au profit de celle de John Williams) l’avait profondément touché. Il ne s’en était jamais vraiment remis. Scorcese est un grand admirateur d’Herrmann et notamment de son travail sur le film de J.Lee Thompson « Cape Fear » de 1962 (Scorcese en fera d’ailleurs un remake en 1991, reprenant la partition originale d’Herrmann). Timidement, le réalisateur demande au compositeur d’écrire le score de son film. En dépit de ses problèmes de santé, Herrmann se lance à corps perdu dans “ Taxi Driver ”, mariant son style singulier, sombre et sensuel à l’univers du jeune cinéaste. Il opte, à la grande surprise de Scorcese, pour une ambiance urbaine et jazzy, jusqu’alors inexplorée par le compositeur. Unique en son genre, elle est un poignant chant du cygne.

1977 - Le jury, présidé par Roberto Rossellini décerne la Palme d’Or à deux cinéastes Italiens : les frères Taviani. Leur film “ Padre Padrone ” raconte le parcours initiatique d’une jeune berger Sarde, Gavino. Introverti, tyrannisé par le pouvoir ancestral du père, Gavino se révolte et part à la conquête du langage puis de sa liberté grâce au service militaire qui l’arrache à son île. Les frères Taviani auront la bonne idée de confier la partition de leur film à Egisto Macchi (auteur de la bande originale du film “ Monsieur Klein ” de Joseph Losey). Egisto Macchi sait amalgamer les idées musicales les plus diverses. Ainsi trouve-t-on dans “ Padre Padrone ” des arrangements sur la “ Chauve-souris ” de Johann Strauss et une évocation des chants Sardes ; soit une musique sachant parfaitement intégrer le discours des cinéastes.

1979 - A la fin des années 70, Maurice Jarre est au sommet de sa gloire. Après avoir entamé une timide mais belle carrière de musicien pour le cinéma français en 1958, ses succès avec les partitions de grandes productions anglo-saxonnes comme “ Lawrence d’Arabie ” et “ Docteur Jivago ” l’ont éloigné de l’hexagone. Il faut une Palme d’Or pour le ramener quelques jours sur la Côte d’Azur : “ Le Tambour ” de Volker Schlöndorff. Jarre écrit une fanfare un peu grotesque, où les percussions et principalement un tambour jouent à cache-cache avec la mélodie enfantine d’une boîte à musique… Mais le film de Volker Schlöndorff n’est pas la seule Palme d’Or en 79. Un autre film, celui de Francis Ford Coppola bouleverse la Croisette : en plus de la Chevauchée des Walkyries et de la musique des Doors, “ Apocalypse Now ” bénéficie d’une partition originale pour synthétiseurs signée Carmine Coppola - le père de Francis Ford.

1980 - Le Festival de Cannes a 34 ans, et le cinéaste Bob Fosse gagne une Palme d’Or ex-aequo avec Akira Kurosawa. C’est “ All that Jazz ” contre “ Kagemusha ”, le guitariste Georges Benson contre le compositeur Schinishirô Ikebe… Mais toujours pas de Palme française à l’horizon depuis 1966 et Claude Lelouch.

1981 – Le cinéaste polonais Andrzej Wajda remporte la Palme d’Or avec « L’Homme de Fer ». L’univers du compositeur Andrzej Korzynski est sombre et froid sans jamais emprunter à la raideur. Né à Varsovie en 1940, Korzynski a signé la plupart des partitions des films de Zulawski, dont « Possession ». Hasard ou coïncidence, le film est en compétition à Cannes cette année-là et Isabelle Adjani remporte le prix d’interprétation.

1982 – Le scénario de « Missing » de Costa-Gavras bouleverse le Festival. Ex-aequo avec « Yol, la permission » d’Ylmaz Güney, le film remporte la Palme d’Or - ainsi que le Prix d’interprétation masculine pour Jack Lemmon. La partition de Vangelis (de son vrai nom Vangelos Odysseus Papathanassiou, ex-membre du groupe Aphrodite’s Child) est exclusivement électronique, comme toutes les compositions du musicien à cette époque. Avec « Les Chariots de feu » et « Blade Runner », la musique synthétique de « Missing » est par excellence celle des années 80 où l’exploration des nouvelles machines sonores s’accorde aux propres recherches des cinéastes. Vangelis reviendra à Cannes en 1991 … comme membre du jury.

1984 - Ry Cooder donne des frissons aux festivaliers. Au-delà de la partition mythique de “ Paris, Texas ” et de l’univers émotionnel et contemplatif de Wim Wenders, c’est un musicien instinctif et perfectionniste qui se voit offrir par le cinéaste allemand un terrain de jeu à sa dimension. La complicité des deux personnages transcende le film où la recherche de l’amour ressemble à cette note tenue, pincée sur une corde de guitare, fragile, et qui glisse toujours, à la frontière du silence.

1985 - Emir Kusturica reçoit sa première Palme d’Or avec “ Papa est en voyage d’affaire ”. La partition de Zoran Simjanovic est toute à la fantaisie du cinéaste avec lequel il a déjà travaillé. Né à Belgrade en 1946 (la même année à laquelle fût créé le Festival de Cannes), Zoran Simjanovic joue dans différents groupes, écrit des musiques de téléfilms et une trentaine de partitions pour des longs-métrages avant de se retrouver sur la Croisette.
 
1986 - 14 ans après la partition du film italien d’Elio Petri “ La Classe ouvrière va au Paradis ”, c’est le film britannique “ Mission ” de Roland Joffé qui permet au public cannois de retrouver Ennio Morricone et de pénétrer au plus profond des terres des Indiens Guaranis en Colombie. Un film de terre et de feu, d’eau et de végétal, où il est question de la grandeur du sacrifice, et dont la partition dégage la dimension lyrique et la pureté d’une histoire à hauteur d’homme. Le jury est touché, mission accomplie pour Roland Joffé.

1990
- Nicolas Cage se prend pour Elvis Presley dans un film de David Lynch où les standards de Rock’n’Roll flirtent avec les mélodies envoûtantes d’Angelo Badalamenti. Cet ex-arrangeur et orchestrateur de Liza Minnelli complète à merveille l’univers très particulier de David Lynch. « Sailor & Lula » est Palme d’Or. Lynch et Badalamenti reviendront à Cannes dix ans plus tard avec “ Lost Highway ”.

1993 - Triomphe pour une autre musique palmée : celle que Jane Campion confie à Michael Nyman pour “ La Leçon de piano ”. La tâche du compositeur a d’abord consisté à créer une ambiance musicale pour le film. Mais il devait aussi inventer un répertoire spécifique pour l’héroïne, deviner ce qu’elle jouait lorsqu’elle était assise au piano. Il fallait que cela sonne comme une musique du milieu du XIXème sans aller jusqu’au pastiche. Puisque l’héroïne ne parle pas, la bande originale dépasse ses fonctions habituelles. Elle remplace la voix de l’héroïne. Les notes résument sa volonté, ses expressions de l’âme. Le spectateur en emportera le souvenir, comme un parfum entêtant.

1995 – Dix ans exactement après “ Papa est en voyage d’affaire ”, Emir Kusturica remporte sa deuxième Palme d’Or avec “ Underground ”. Cette fois, c’est son ami Goran Bregovic qui en compose la partition. Né à Sarajévo en 1950, Bregovic a introduit une sorte de style folk-rock en Yougoslavie (où sa musique est devenue très populaire) avant de devoir fuir le pays au début de la guerre. Ici, les orchestres de cuivre tziganes interprètent des danses traditionnelles de leur région et ont été enregistrés “ à la maison ”, c’est-à-dire dans leur village natal, à Prekodolce. Mais on retrouve également Cesaria Evora qui mêle le chant capverdien au folklore tzigane. Sous terre, les frontières musicales n’existent pas.

1998 - La musique caresse le vent, rêves et souvenirs, nostalgie et chuchotements de l’âme, immersion dans un voyage, dans ce que sera demain, dans la lumière… Certaines des partitions de Palmes d’Or  sont faites pour traverser l’éternité. Eleni Karaindrou en a composé une des plus élégantes, avec sobriété, aidé dans sa tâche par le musicien Manfred Eicher, pour le film de Theo Angelopoulos « L’Eternité et un jour ».

2000 – Hommage tragique aux grandes comédies musicales hollywoodiennes, « Dancer in the dark » de Lars Von Trier emporte tous les suffrages : Palme d’Or et prix d’interprétation féminine pour Björk. La chanteuse norvégienne  dévoile une féminité tout en contrastes, à l’image de sa musique : la candeur côtoie l’impudeur, la sensualité de la voix se farde dans le grotesque. Et lorsque l’orchestre symphonique se détache fortissimo, c’est pour donner noblesse à l’image de la classe ouvrière, non pour l’abattre. Le télescopage vient à point, idéal reflet culturel d’un siècle nouveau. 

2001 – Aussi bouleversante que le propos du film, la partition du film de Nanni Moretti « La Chambre du fils » est signée Nicola Piovani. Successeur officiel de Nino Rota auprès de Fellini, Piovani possède toutes les qualités d’un compositeur pour l’image : formidable pianiste, il puise son inspiration dans le folklore traditionnel de l’Italie, la musique classique et les émotions premières de son enfance. Souvent, ses partitions sont naïves. N’est-il pas le collaborateur attitré de Roberto Begnini avec lequel il foula les marches du Palais en 1998 pour « La Vie est belle »? Leur ligne mélodique est limpide, et ruisselle, jamais trop ambitieuse, sauf lorsque l’on touche au drame (comme chez les frères Taviani). 

… Soixante et un ans de musiques de films sur la Croisette. 61 ans de musiques et d’absence de musique : depuis quelques années, la tendance est à la réduction. Les cinéastes – et plus particulièrement la jeune génération  - recourent beaucoup à l’emploi de musiques préexistantes (Œuvres classiques ou pop rock), à l’illustration sonore d’une époque ou d’un milieu socioculturel. Si en 2002, la bande son de la Palme d’Or « Le pianiste » de Roman Polanski privilégie logiquement Frédéric Chopin, celle de « Elephant» de Gus Van Sant utilise essentiellement des œuvres de Beethoven et de l’artiste spécialisée en manipulations audio-sonores Hildegarde Westerkamp. En 2005 et 2006, des films primés comme « L’Enfant » des frères Dardenne (Palme d’Or) et « Flandres » (Prix du Jury) de Bruno Dumont n’ont pas de partitions originales. Le choix de l’absence de musique, s’il est risqué (car l’image est  montrée dans toute sa nudité), ne s’accorde qu’à l’excellence et à la beauté intrinsèque d’un film, au talent d’un grand cinéaste. Le silence d’une partition devient soudain berceau de nos plus belles émotions. 

Cette année, d'autres partitions sont donc à découvrir sur la croisette : des mélodies qui reflètent une époque, dessinent les contours d’une histoire, célèbrent le talent d’un cinéaste, et ses meilleures intentions.

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