Accueil Date de création : 08/09/07 Dernière mise à jour : 03/07/09 19:01 / 112 articles publiés

PORTRAITS DE COMPOSITEURS

Rota, Fellini et Napoléon  (PORTRAITS DE COMPOSITEURS) posté le vendredi 13 mars 2009 19:50

 

Rares sont les compositeurs de musique de film dont le nom est aussitôt associé à celui d’un cinéaste. Nino ROTA a ce privilège. Les Vitelloni, La Strada, Il Bidone, La dolce vita, 8 et demi, Roma, Casanova, Amarcord, Prova d’orchestra (leur dernière collaboration en 1978), chaque film porte l’empreinte du musicien avec lequel FELLINI écrira ses œuvres, laissant une grande place à la musique dans toutes ses mises en scènes.

 

 

Né en 1911,  le petit Nino a de formidables prédispositions. Il écrit sa première composition à l’âge de 8 ans, faisant la fierté de ses parents. Il étudie au conservatoire de Milan, à l’Académie de Santa Cecilia et reçoit l’enseignement de professeurs prestigieux. Nino ROTA a un style très personnel, libre, aux harmonies complexes et innovantes, intégrant de nouveaux codes rythmiques et de structure. L’humour et l’émotion commandent à son écriture. Ses facilités d’improvisation au piano lui valent l’intérêt des cinéastes, impatients d’entendre la musique de leur film et cela avant même les premières images tournées. Il signera 145 partitions pour le cinéma dont celle du Léopard de VISCONTI et du Parrain de COPPOLA.

 

Avec FELLINI, c’est une collaboration exceptionnelle, symbiotique, ancrée dans la fantaisie et le ressenti. Cette anecdote illustre bien leur façon de travailler: L’un et l’autre connaissaient un médium qui prétendait être la réincarnation de Napoléon. Son épouse, sympathique au demeurant, n’appréciait guerre les marches militaires des troupes qui traversaient la chambre à coucher chaque soir. Tout cela ressemble à farce ? Pas pour FELLINI et ROTA. Ayant besoin d’une marche militaire pour un film, ils en appellent naturellement au médium : n’est-il pas le mieux placé pour leur en chanter l’air ? Et ROTA de s’empresser de noter sur une partition les notes chatonnées au téléphone par le médium et de les intégrer à la musique du film.

(anecdote rapportée par sa fille Nina Rota)

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UN fabuleux coffret pour Georges Delerue  (PORTRAITS DE COMPOSITEURS) posté le mercredi 31 décembre 2008 14:41

6 CD, 117 titres, 7 heures de musique, un livret de 44 pages regroupant les témoignages de cinéastes et compositeurs, la collection Ecoutez le cinéma ! proposée par Universal célèbre l’une des figures emblématiques de la collection avec faste et panache : Georges Delerue.

Pour ce projet hors norme, Stéphane Lerouge a plongé dans les archives personnelles de la famille Delerue, révélant toute une partie de l’œuvre du musicien.

La carrière de Georges Delerue est internationale et s’étale sur 40 ans… Avec la collaboration de l’épouse du compositeur Colette Delerue et de l’ingénieur du son Christophe Henault, Stéphane Lerouge a dérushé puis sauvegardé les bandes masters de ses œuvres retrouvées en France et aux Etats-Unis. Certaines bobines n’avaient pas tourné depuis des décennies.

Au final, c’est un puzzle de cinq mille pièces réduit à un stockage de 14 heures qui a ensuite été élagué. Les grands classiques de Delerue comme Jules et Jim, Le Mépris ou La Nuit américaine on été délaissés au profit d’œuvres rares ou non rééditées. Parmi celles-ci, un florilège de partitions écrites dans les années 60 et 80 en France et aux Etats-Unis :

Le Conformiste de Bernardo Bertolucci, La promesse de l’aube de Jules Dassin, Premier Voyage de Nadine Trintignant, les musiques sont romantiques, écrites dans un style néo classique comme pour La Fleur de l’Age de John Guillermin, Le jour du Dauphin de Mike Nichols ou Love de Ken Russel, ou bien encore d’inspiration médiévale comme pour le film Promenade avec l’amour et la mort de John Huston.

Georges Delerue excelle aussi dans un répertoire jazzy exploré pour Descente aux enfers de Francis Girod ou encore Crime du Cœur de Bruce Beresford. Il arrange des chœurs d’hommes pour La 25ème heure d’Henri Verneuil et Les cavaliers de John Frankenheimer, aborde le folklore américain pour Le mystère Silkwood de Mike Nichols ou fait la part belle à l’orgue de barbarie pour le film de Claude Miller Garde à vue.

La carrière de Georges Delerue est aussi cinématographique que télévisuelle… et radiophonique. Dans les années 60, il écrit de nombreuses musiques pour des courts-métrages deMaurice Pialat ou Agnès Varda. Il signe aussi des génériques d’émission comme l’indicatif de la première diffusion en Mondiovision en 1967 et donne aux radioscopies de Jacques Chancel ce thème au clavecin dès plus élégant en 1972.

EN 1968, Delerue fait trois propositions musicales pour le logo Gaumont. Elles figurent sur la compilation ainsi que la maquette jouée au piano pour le thème d’appel d’Air France destiné aux aéroports écrit à la fin des années 70.

Autre curiosité sonore, une séance de travail regroupant Jeanne Moreau Brigitte Bardot et Georges Delerue pour le film Viva Maria ! de louis Malle.

Ajoutons à cela une maquette inédite de Bossa Nova écrite pour Play Time de Jacques Tati datée de 1967 et encore d’autres incroyables trouvailles sonores, toutes réunies dans le coffret de 6 CD.

Le cinéma de Georges Delerue, musique célèbres ou rares, à écouter absolument.

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The christmas voice  (PORTRAITS DE COMPOSITEURS) posté le mercredi 24 décembre 2008 14:52

Ah ! Noël ! Sa dinde aux marrons, ses guirlandes, et son beau sapin. Nat King Cole, Dean Martin, Bing Crosby, nombreux sont les crooners qui ont chanté Noël. Mais il en est un qui a marqué particulièrement le 7ème art : Franck Sinatra.

 

Francis Albert Sinatra voit le jour un 12 décembre 1915 dans le New Jersey. Ce bel italo-américain que l’on surnommera bientôt the Voice débute sa carrière à vingt ans au milieu des années 30 dans un groupe de jazz amateur. Repéré par le trompettiste Harry James, il enregistre avec lui une dizaine de titres avant de rejoindre l’orchestre de Tommy Dorsey en 1940. I’ll be seeing you, I’ll never smile again… une centaine de chansons naissent de cette collaboration.

 

Trois ans plus tard, Francky se lance dans une carrière solo chez Columbia. La même année, il tourne son premier film en vedette pour la RKO «Higher And Higher » aux côtés d'un jeune prodige, Mel Torme et d'une actrice française: Michèle Morgan. Sa carrière au cinéma est définitivement lancée un an plus tard avec la signature d’un contrat à la MGM.

 

Radio show, comédies musicales aux côtés de Gene Kelly, Franck Sinatra aligne albums et oscars et épouse la délicieuse Ava Gardner. En 1955, il tourne « L’homme au bras d’or », puis, enregistre un an plus tard la chanson culte I’ve got you under ma skin sur des arrangements de Nelson Riddle. En 1966,   Stranger un the night lui vaut plusieurs Grammy Awards. En 1968, My way adaptation de la chanson de Claude François  Comme d’habitude est un autre succès.

 

Décédé il y a dix ans, sa carrière de chanteur couvre 60 années de l'histoire de la musique populaire américaine. Bien au-delà du registre classique du crooner, Sinatra aborda tous les styles de musique populaire, jazz, variété, blues, swing, bossa nova, sans oublier ces fameuses chansons de Noël auxquelles il a consacré plusieurs disques dont « The christmas album » en 1948.

A écouter dès ce soir, en préparant le réveillon.

Joyeux Noël à tous!

 

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Lets get lost with Chet  (PORTRAITS DE COMPOSITEURS) posté le vendredi 12 décembre 2008 19:43

Evènement musical de cette fin d’année : la sortie en DVD du film Let’s get Lost de Bruce Weber consacré à Chet Baker.

(Je vous en parle parce que j'ai loupé la sortie cinéma... c'était début juillet, j'étais déjà dans l'avion pour le République Dominicaine et ses cocktails trop sucrés).

(... Je vous en parle aussi parce que Chet est le musicien de jazz pour lequel j'ai une réelle fascination, tant il est riche de contrastes, de failles et de génie...)

Ce documentaire évoque la vie du célèbre trompettiste et chanteur qui défraya la chronique dans les années 50. Le film tourné un an avant sa mort décrit l’itinéraire du musicien, mais aussi sa famille, ses amis. Des musiciens du mouvement jazz de la Côte Ouest font également partie du voyage.

Invisible pendant 20 ans, restauré en haute définition, projeté au Festival de Cannes, le film capture l’émotion et la personnalité de cet homme à la voix d’ange, déchu par ses propres démons.

 

Né en 1929 dans l’Oklahoma, Chet a dix ans lorsqu’il échange le trombone offert par son père contre une trompette. Engagé à 18 ans dans une fanfare de l’armée américaine stationnée à Berlin, il découvre le be-bop.

 

Au début des années 50, Charlie Parker le choisit parmi de jeunes trompettistes pour l’accompagner dans une tournée sur la Côte Ouest. Chet forme son premier quartet trois ans plus tard, travaille avec de pointures du jazz comme Bud Shank et Gerry Mulligan. Révélé au public avec le disque Chet Baker sings en 1956, il devient une icône fragile et rebelle.

 

Le trompettiste naviguera entre les Etats-Unis et l’Europe, jalonnant son itinéraire de succès et de scandales dramatiques, sa dépendance à l’héroïne lui valant des ennuis avec la justice. Son style et son chant vont évoluer jusqu’à la limite du point de rupture. Chet Baker décède un vendredi 13 en 1988, tombant de la fenêtre d’une chambre d’hôtel à Amsterdam.

My funny Valentine, Embraceable you, Every time we say goodbye La plupart de ses chansons seront reprises dans des bandes sonores de cinéma.

 

Le film retraçant sa vie est proposé dans un coffret sublime, comportant un livret de 40 photos noir et blanc, un CD de 2 titres inédits de Chet Baker ainsi qu’un DVD consacré aux archives du tournage enrichi de deux courts métrages. Let’s get lost est édité chez Wild side video.

 

 

 

 

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Philippe Sarde, l'homme bon et bougon  (PORTRAITS DE COMPOSITEURS) posté le jeudi 04 décembre 2008 15:13

Frère du producteur Alain Sarde et fils d’une chanteuse d’opéra, Philippe Sarde est encore un jeune homme nonchalant  qui se promène dans son appartement parisien en robe de chambre à longueur de journée lorsque le cinéaste Claude Sautet vient frapper à sa porte.

Il cherche un compositeur pour la musique de son prochain film dans lequel Michel Piccoli et Romy Schneider tiennent les rôles principaux.

Philippe Sarde qui s’attendait à cette visite a déjà réfléchi à un thème : Sautet s’installe dans un canapé, Sarde s’assied devant son piano, égrène quelques notes. Le cinéaste écoute en silence. Puis, il suggère au jeune compositeur un léger changement sur l’écriture du thème. Sarde acquiesce.

Deux heures plus tard, le cinéaste quitte l’appartement de Philippe Sarde, certain d’avoir trouvé le compositeur de son prochain film. Ils travailleront ensemble pendant 20 ans, l’âge que Philippe Sarde avait ce jour là, l’âge auquel il composa sa première musique pour l’écran en 1969, celle du film « Les choses de la vie ».

 

Philippe Sarde aime sans doute le cinéma pour ses actrices et il n’aura de cesse de les faire chanter ou d’en tomber amoureux durant toute sa carrière. Avec plus de trois cent partitions à son actifs, il continu avec la même nonchalance et la même passion pour l’image de bâtir des partitions de films, nouant des amitiés infinies ou orageuses avec les cinéastes d’envergures comme Bertrand Tavernier, Roman Polanski, Jean-Jacques Annaud ou Costa Gavras.

 

Autre belle rencontre, celle du cinéaste Jacques Rouffio. C’est Michel Piccoli qui recommande Philippe Sarde au réalisateur en recherche d’un compositeur pour son film « Sept morts sur ordonnance », soit un mort par bobine. Sarde épouse le sujet avec lyrisme : il écrit une musique de messe noire avec des chœurs travaillés sur les pulsations du cœur. Rouffio a trouvé l’équivalent musical à la violence de son scénariste Georges Conchon.

 

Sous des allures de Schtroumph grognon, habillé d’un trench et d’un éternel jogging, Philippe Sarde apprécie et encourage le talent neuf de cinéastes comme Agnès Merlet, Bruno Podalydès ou Jean-Pierre Ameris.

 

Les partitions de Violette et François, Le sucre, L’état de grâce, l’argent et Sept mort sur ordonnance figurent sur une compilation Philippe Sarde/Jaques Rouffio éditée chez Universal dans la collection Ecoutez le cinéma.

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