Accueil Date de création : 08/09/07 Dernière mise à jour : 03/07/09 19:01 / 112 articles publiés

MES BOF FAVORITES

LA PARTY (à revoir cette semaine à la télé)  (MES BOF FAVORITES) posté le mercredi 07 mai 2008 15:38




Réalisé en 1968, « La party » de
Blake Edwards est un cousin américain de « Play-Time » de Jacques Tati. Même qualité du trait dans la satire sociale, même burlesque du jeu, de l’image, même dialogues surréalistes. Truculence et tendresse sont au menu de cette Party où tout le génie comique de Peter Sellers explose en un florilège de maladresses et de bêtises qui vont progressivement déclencher la destruction d’une soirée typiquement hollywoodienne fort bien dépeinte :
comédiens crétins et narcissiques, vieux crocodiles n’hésitant pas à abuser de leur position, adorables potiches, ambitieux et parasites, ce bel échantillon de l’humanité  finit dans un bain de mousse mythique sous le regard du très naïf Bakshi Hrundi.
Côté partition, « La party » est enrobée de musique de source. Pendant quasiment toute l’action du film, dans un coin de salon, un orchestre de jazz combo anime la soirée - morceaux joués en play-back bien sûr, et préalablement enregistrés en studio par
Henry Mancini. La musique créé un décalage permanent avec la loufoquerie des images et contribue ainsi à rendre les scènes encore plus drôles.
« La party », c’est enfin une chanson typiquement Mancinienne, qui soude le début d’une idylle entre une starlette française jouant de guitare sèche, échouée à Hollywood, et notre vrai faux indien (un Peter Sellers passé au cirage et prenant un accent irrésistible).

Ne ratez pas le début du film (Peter Sellers fait de la figuration dans un film et en toute logique, il finit par faire exploser le décor): c'est mon passage préféré!

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LAISSEZ-PASSER  (MES BOF FAVORITES) posté le jeudi 17 avril 2008 12:12



En 2002, pour son film Laissez-passer, avec Jacques Gamblin, Bertrand Tavernier retrouvait une vieille connaissance : Antoine Duhamel (Que la fête commence, La mort en direct et Daddy Nostalgie)

Traduire l’absence de résignation de ses personnages est un défi auquel depuis quelques années les compositeurs qui travaillent avec Tavernier sont confrontés. Pour Ca commence aujourd’hui, Louis Sclavis avait su trouver le ton.
Ce que l’on peut constater à l’écoute de la partition du film Laissez-passer, c’est cette sonorité et cette tonalité instrumentale propre à Antoine Duhamel. Mêmes valses rondes et fragiles, nostalgiques, un phrasé pur qui ici évoque la lumière d’un ciel de guerre, Antoine Duhamel sait parfaitement écrire cette musique à la fois douloureuse et toute en détermination.
Ce qui frappe, c’est l’harmonie entre les dialogues du film - dont quelques fragments figurent sur l’album - et la musique. 
Lorsque la guerre n’est pas convoquée dans certaines scènes, elle transparaît cependant grâce aux choix d’accords dissonants, presque insolites. Même les chansons d’amours d’inspiration populiste comme celle intitulée “ Tu m’as menti ” semblent ne pas tourner rond (voix de la chanteuse placée de guingois), comme si l’on s’attendait à chaque instant à recevoir une bombe sur le coin de la figure...

Cinq saxophones, quatre altos, quatre violoncelles, quatre contrebasses, une trompette et une harpe, sans doute est-ce le choix de cette formation étrange qui donne à l’orchestre dirigé par Duhamel son caractère à la fois frondeur et sensible : le Saxophone et les quatre altos forment une base de jazz, violoncelles et contrebasses jouent le contrepoint classique (plutôt Bartok), la harpe évoque la séduction du personnage et la trompette son sens de l’humour et sa pertinence.
Bertrand Tavernier est bien servi.

Cette partition est donc en bonne place à la lettre L de ma discothèque personnelle.

« Laissez-passer »
Universal (2002)


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