Accueil Date de création : 08/09/07 Dernière mise à jour : 03/07/09 19:01 / 112 articles publiés

MES BOF FAVORITES

Le cinéma de Francis Lemarque  (MES BOF FAVORITES) posté le vendredi 26 juin 2009 15:06

 

Créateur de 400 chansons dont à Paris demeure le fleuron, Francis Lemarque fut son propre interprète et ses airs furent chantés par les plus grands, de Maurice Chevalier à Yves Montand. Grand ami de Prévert, son univers est le Paris du front populaire, le quartier de la Bastille et ses bals musette.

 

Ce que l’on connaît moins de Francis Lemarque, ce sont ses compositions pour le cinéma dans les années 60. C’est Jean Gabin qui le premier songe à associer Lemarque à l’image sur le film de Gilles Grangier Les vieux de la vieille adapté d’un roman de René Fallet. Le succès populaire du film et de sa partition propulse le chansonnier dans le 7ème art.

 

Pour ses films suivants, Francis Lemarque s’associe à un jeune compositeur prometteur de 21 ans, un certain Michel Legrand. De ce travail à quatre mains, de cette complicité qui fut vécue comme celle d’un père et de son fils naîtront les partitions des films Le cave se rebiffe, Gentleman d’Epsom et Maigret voit rouge.

 

Mais le grand film qui marquera la carrière cinématographique de Francis Lemarque est Play Time de Jacques Tati en 1967. Avec pour seule indication du cinéaste « Pensez à Orly et à ses embouteillages », le compositeur écrit un thème généreux, populaire et lyrique.

 

La même année, alors que Michel Legrand en plein succès est appelé à Los Angeles, c’est à l’un de ses assistants que Francis Lemarque confie les orchestrations du film de Gilles Grangier L’homme à la Buick , un autre futur grand compositeur pour le cinéma : Vladimir Cosma.

 

Retrouvez toutes les musiques des films évoquées sur la formidable compilation Le cinéma de Francis Lemarque, éditée chez Universal. Eh bien évidemment, c'est une réalisation de l'ami Stéphane Lerouge. Que serions-nous sans ce garçon, je vous le demande.

 

 

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Easy Rider : une bande sonore pamphlétaire  (MES BOF FAVORITES) posté le vendredi 31 octobre 2008 19:03

Actuellement et ce jusqu'au 19 janvier, la cinémathèque Française consacre une exposition à Dennis Hopper artiste et collectionneur d’art, témoin privilégié d'une Amérique en pleine mutation.

 

L'occasion pour moi de revenir sur une partition qui roule les mécaniques hurlantes...

 

C'est en 1968 que le cinéaste et acteur réalise un film faisant date dans l'histoire du cinéma américain : Easy Rider. Portrait d'une génération désenchantée à travers un road movie dans le Sud-ouest des Etats-Unis, le film est aussi une bande sonore pamphlétaire, à l’image de ce vagabondage hippie, lancé plein pot dans sa quête spirituelle.

Easy Rider est un des films rares dont la musique n’est pas conçue comme une bande originale. Pourtant, à l’origine, Dennis Hopper en avait confié l’écriture au groupe Crosby, Stills & Nash. Le projet avorta lorsque les musiciens visionnèrent le film, convaincus qu’ils ne pourraient faire mieux que ce que contenait déjà la bande sonore…

En effet, pour travailler l’image en fonction de la musique, Dennis Hopper avait sélectionné une dizaine de chansons, parmi celles que diffusait la radio à cette époque. Rock’n’roll typique de la fin des années 60 au style transgressif, les chansons évoquent sans détour l’usage de drogue, la défonce, jouant des effets psychédéliques et de télescopage, comme dans le titre des Electric Prunes « Kyrie Eleison/mardi gras », entre rock et chant grégorien.

Parmi ces choix, deux titres dominent : ils sont signés du groupe Steppenwolf dont le légendaire « Born to be wild » deviendra un morceau pionnier du style métal.

Denis Hopper avait sélectionné un titre de Bob Dylan pour la fin de son film. Celui-ci refusa de céder ses droits, mais accepta cependant d’écrire un texte, suggérant de le transmettre au chanteur de folk rock Roger McGuinn, membre du groupe The Byrds. Ainsi naquit « The ballade of Easy Rider » que le succès du film propulsa à la tête des hits parades.  Qu'on se le dise.

 

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2001, l'Odyssée d'une partition légendaire  (MES BOF FAVORITES) posté le jeudi 24 juillet 2008 22:30



Le 27 septembre 1968, la France découvrait au cinéma le film qui consacrerait le génie de son réalisateur : 2001, l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick.
Les compositions de Richard Strauss Ainsi parlait Zarathoustra et de Johann Strauss Le beau Danube bleu sont indissociables des images du film. Pourtant, à l’origine, ces musiques ne devaient pas être là.

Nous sommes en décembre 1967. Le compositeur Américain Alex North est embauché par Kubrick pour écrire la musique de son prochain film. Alex North est un musicien respecté et admiré à Hollywood. Nommé 11 fois à l’Oscar, il a signé entre autres les partitions de Cléopâtre, Un tramway nommé désir et il vient d’achever Qui a peur de Virginie Wolf ?
L’idée de travailler sur un film dont seulement 25 minutes sont dialoguées l’enthousiasme. Ce n’est pas le cas de Stanley Kubrick. Son idée première, utiliser des partitions classiques déjà existantes sur un film de SF, n’a pas convaincu la MGM. On lui impose donc la présence d’un score original et ce sera North, avec lequel Kubrick a déjà travaillé 7 ans plus tôt sur Spartacus.

Kubrick et North tentent de trouver une solution : le réalisateur veut Strauss et Ligeti ? North écrira une partition originale contenant les ingrédients et l’essence de ces compositions. Il entame l’écriture à Londres le 24 décembre. L’enregistrement est prévu le premier janvier. Nuit et jour, dans un appartement spécialement aménagé pour lui par Kubrick, North compose.

Mais la pression est terrible. Victime de spasmes musculaires, c’est en ambulance qu’Alex North vient à la première séance d’enregistrement, confiant la direction des musiciens à son orchestrateur, Henry Brandt. En deux semaines, 40 minutes de score sont enregistrées en présence de Kubrick. Le cinéaste ne cesse d’exiger des changements. North doit sans cesse retravailler sa partition.
Après onze jours de fortes tensions entre le compositeur et le réalisateur, Kubrick informe North que sa partition n’est plus nécessaire. « Je vais remplacer la musique par des effets de respirations, lui dit-il ». North propose de retravailler la partition chez lui à Los Angeles, en vain : sa proposition restera sans réponse.

Ce n’est qu’en Avril, à l’occasion d’une projection du film à New York, que North découvre la vérité : Kubrick a finalement obtenu gain de cause auprès de la MGM. Son film exploite purement et simplement les partitions préexistantes accolées à ses images sur le premier mixage.
Et le score d’Alex North écrit pour 2001 l’odyssée de l’espace de tomber aux oubliettes…

En 1993, le compositeur Jerry Goldsmith enregistrera cette partition devenue légendaire, sauvant l’honneur et l’œuvre d’un homme qui, avec beaucoup de respect, se sera toujours mis au service de l’image.
Cette partition (le générique, dans un style brillant et pompeux, est un des plus beaux jamais écrits pour le cinéma) est éditée chez Varèse.

Vous l'aurez compris: c'est cette partition de 40 minutes et non la bande originale du film qui est à classer parmi mes BOF favorites.

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Laura, immortalisée par un chagrin damour  (MES BOF FAVORITES) posté le dimanche 13 juillet 2008 11:23

Laura

 

Une des plus belles anecdotes rapportées du cinéma noir américain concerne un classique hollywoodien incontournable tourné dans les années 40 et signé Otto Preminger : Laura.

 

Dans les rôles principaux, Dana Andrews en inspecteur rusé et romantique et Gene Tierney, en femme au portrait, sensuelle, mystérieuse, dont le regard clair et déterminé s’accorde à merveille avec le thème musical du film.

 

Qui sait que ce thème musical composé par David Raksin est lié à un chagrin d’amour ?

 

Otto Preminger avait une idée précise de la couleur musicale de son film. Son souhait premier: utiliser la chanson écrite par George Gershwin Summertime. Mais il ne parvint pas à obtenir les droits. Preminger songea alors à un autre thème tout aussi jazzy composé par Duke Ellington Sophisticated Lady.

 

David Raksin qui avait en charge la musique du film fit remarquer que ce thème n’était pas selon lui adapté au climat du film. Un vendredi, il réussit à convaincre Otto Preminger de lui donner jusqu’au lundi suivant pour essayer de composer un thème original.

 

Raksin travaille tout le week-end, sans succès. L’inspiration manque. Le dimanche soir, en désespoir de cause, Raksin utilise un vieux stratagème auquel il avait recours lorsqu’il était gamin : prendre un poème ou une photo quelconque, poser l’objet sur le piano et se mettre à improviser ce qui vient à l’esprit. Raksin fouille ses poches. Y trouve une lettre de sa femme. Ce  courrier, arrivé samedi matin, il l’avait glissé là, machinalement, puis l’avait oublié, pris par son travail. Son épouse, absente d’Hollywood, travaille dans un show à New York. En lisant sa lettre, Raksin réalise soudain que sa femme lui annonce à mots couverts que leur mariage est fini. Effondré, Raksin pose les mains sur son piano et joue quelques notes… Les fameuses notes du thème de Laura.

 

Le succès du film fut immédiat et celui de la musique tout aussi incroyable : Johnny Mercer (Moon River), contacté par David Raksin, écrivit les paroles du la chanson. Celle-ci fût enregistrée dans plus de 400 versions par les plus grands dont Ella Fitzgerald et Frank Sinatra.

Elle est souvent utlisée comme générique d'émission de cinéma à la télévision ou à la radio (Emission Cinéfilm sur France Inter)

 

S.L.

 

 

 

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Robin des bois contre les troupes dHitler  (MES BOF FAVORITES) posté le samedi 05 juillet 2008 02:02

 

 

Hollywood et les années cinquante furent le berceau des films de cape et d’épée. Dans ces productions luxueuses, les combats sont une incroyable débauche d’énergie. Scaramouche, Ivanhoé, Prince Vaillant portent collant et profil haut. Mais bien avant ses homologues intrépides, Robin des bois ouvrait la voie du film d’aventure.

 

Nous sommes en janvier 1938. A Vienne, le compositeur Erich Wolfgang Korngold prépare la première de son cinquième opéra avec difficulté : la monté du nazisme en Allemagne inquiète et freine les projets. Lorsqu’un câble de la Warner Bros atterrit sur le bureau du compositeur. Ses talents ayant été vantés jusqu’à Hollywood, le voilà sollicité pour écrire la musique d’un film d’aventure en Technicolor avec Errol Flynn, sous la direction de Michael Curtiz : Robin des bois. La proposition tombe à pic : Korngold reporte au mois d’octobre la première de son opéra, et part pour la Californie avec femme et enfant.

 

La famille Korngold embarque au Havre pour une traversée à bord du Normandie. Les conditions climatiques sont épouvantables. Pour couronner le tout, à son arrivé à Los Angeles, Korngold est victime d’un accident de voiture heureusement sans gravité. A peine franchi la porte des studios de la Warner, le compositeur est conduit à une salle de projection où l’attend Robin des bois.

 

Dès les premières images, Korngold comprend qu’il sera incapable de travailler sur ce film. Il va même rédiger une note à l’intention du  producteur, libellée en ces termes : « Je ne suis pas un illustrateur musical pour film d’action.»

Mais l’histoire va changer le cours des choses…

 

Le 13 mars 1938, l’Autriche est envahie par les troupes d’Hitler. A Vienne, la maison des Korngold est investie par la gestapo et ses biens sont confisqués. Le compositeur autrichien se voit alors contraint d’accepter la proposition de la Warner, afin de permettre à sa famille de demeurer aux Etats-Unis.

Korngold composera en six semaines, la plus merveilleuse des musiques, laquelle sera couronnée par un Oscar. Il reste dans le domaine de la musique de film, l'un des plus grands compositeurs venus de l'Europe de l'Est. 

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