Accueil Date de création : 08/09/07 Dernière mise à jour : 03/07/09 19:01 / 112 articles publiés

LA BOF A ECOUTER D'URGENCE

Trois compil' pour trois talents  (LA BOF A ECOUTER D'URGENCE) posté le jeudi 25 septembre 2008 14:14

 

 

Alors que nous fêtons cette année le Centenaire de la musique du film, le label NAIVE met à l’honneur trois compositeurs français emblématiques de la musique de film (3 doubles CD): Bruno Coulais, Armand Amar et Gabriel Yared. Trois compilations splendides, révélatrices de trois parcours et de personnalités artistiques aux aspirations communes.

 

Microcosmos, Le Peuple migrateur, Les Choristes, Himalaya… 3 Césars et une nomination aux Oscars, les succès de Bruno Coulais sont principalement associés à ceux du producteur Jacques Perrin et du réalisateur Christophe Barratier. Ses compositions mêlent avec poésie voix, percussions, instruments ethniques et cordes.  Ajoutons à cela que cet homme est la douceur même, que cette tendresse s'entend dans son écriture, et vous aurez une petite idée de ce que cette compilation vous reserve...

 

Arman Amar s’est récemment distingué avec les partitions des films Va, vis et deviens, La Terre vu du ciel, Le premier cri et Indigènes. Compositeur d’origine israélienne, sa musique est un voyage. Ses inspirations s’ouvrent aux musiques ethniques d’Afrique du nord, d’Orient et d’Europe. Dans la continuité de son travail de composition, Arman Amar, comme Bruno Coulais et Gabriel Yared, en appelle souvent aux technologies nouvelles (ordinateurs, samplers, programmes virtuels).

Sont éaglement présents sur l'album les partitions travaillées sur un registre plus grave : Amen, Le couperet et Sagan. 

 

L’amant, La lune dans le caniveau, 37°2 le matin, Camille Claudel, La vie des autres, le film d’animation Azur et Asmar… chacune des Musiques de Gabriel Yared porte la marque d’une inspiration singulière et d’une écriture rigoureuse. De l’Orient à l’Occident, de Bach à la Bossa Nova, Gabriel Yared est le compositeur le plus éclectique, prolifique et sans doute le plus talentueux que le cinéma ait connu ces vingt dernières années, oscarisé en 1997 pour Le patient anglais d’Anthony Minghella. Il est aussi une Belle personne, comme rarement on a l'occasion de rencontrer dans une vie. Vous en connaissez des Belles personnes ? Elles sont comme un frère ou une soeur, en mieux, c'est à dire sans ces petites jalousies de fratries et les histoires d'héritage. Bref! Gabriel Yared est un compositeur généreux, dans tous les sens du termes: généreux dans ce qu'il conçoit, créé, édifie, généreux dans ses rapports aux autres, généreux dans ses amours, ses amitiés, ses joies et ses tempêtes... C'est un Bon et un Bien vivant. Voilà qui est dit.

Si vous ne connaissez pas encore ses partitions romantiques (La cité des Anges, Message in a bottle, Un automne à New-York), la compilation vous permettra d'en découvrir quelques extraits.

 

 

Les plus belles musiques de films de Bruno Coulais, Arman Amar et Gabriel Yared, trois compilations éditées chez NAIVE.

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Faubourg 36  (LA BOF A ECOUTER D'URGENCE) posté le lundi 15 septembre 2008 16:22

Le 24 septembre prochain sortira le nouveau film du réalisateur des Choristes Christophe Barratier.  Faubourg 36, a les jolies manières d’une comédie musicale qui se déroule dans le Paname du Front Populaire. Un film dont les chansons auront attendu 15 ans pour voir enfin les feux de la rampe et quitter les cartons des maisons de productions.

Ecrites par le compositeur Reinhardt Wagner et le parolier Frank Thomas (qui a notamment écrit pour Joe Dassin, France Gall, Michel Jonasz et Claude François), la dizaine de chansons devait être la base d’un spectacle musical. Mais très vite, l’idée d’en faire un film avait germé dans l’esprit des deux hommes.

Une première rencontre avec Jacques Perrin autour du projet éveille la curiosité d’un de ses collaborateurs Christophe Barratier. Mais Christophe n’a pas encore réalisé de long métrage et ne peut porter cette idée de comédie musicale onéreuse sur ses frêles épaules.

Le succès du film Les choristes va changer les choses…

Barratier a le vent en poupe. Mais il sait qu’on l’attend au tournant. Comment renouer cette formidable rencontre entre un film et son public ?  Quel scénario pourrait bien réunir musique et mélodrame nostalgico-romantique ? Le cinéaste n’a pas oublié le projet de Reinhardt Wagner. Soutenus par le Fond d’Action Sacem, les voici réunis pour écrire une histoire qui n’aura de cesse de s’étoffer au fil des mois, jusqu’à l’aboutissement d’un film dont la musique tient le premier rôle.

Faubourg 36, une chance inouïe pour le compositeur Reinhardt Wagner. Ses collaborations avec le cinéma et le théâtre ont pour nom Philippe Labro, Jean-Jacques Beineix, Jean-Michel Ribes, François Morel ou Roland Topor - lequel aimait à définir ainsi le musicien : « Entre les circonvolutions cérébrales et intestinales, Reinhardt, papillon de nuit, voltige entre deux abat-jour ».

Il lui manquait une vitrine grand luxe pour y exposer sa musique et ses idées en fantaisie, toutes vibrantes d’émotion, comme des papillons…

Voilà qui est chose faite.

Retrouvez une petite bio sur l'ami Reinhardt sur le site de LA MELODIE DU BONHEUR dans la rubrique PORTRAITS DE COMPOSITEURS.

 

 

 

 

 

 

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Le film fondateur de la Bossa Nova  (LA BOF A ECOUTER D'URGENCE) posté le mardi 02 septembre 2008 12:53

 


 

 

Au printemps 1959, arrive sur les écrans un film qui allait marquer les esprits. Outre les prestigieuses récompenses obtenues (Palme d’or en 1959 à Cannes, Oscar du meilleur film étranger à Hollywood l’année suivante), Orfeu Negro de Marcel Camus donnait à voir plus qu’une transposition du mythe d’Orphée dans la frénésie du carnaval de Rio de Janeiro.

Exceptionnel pour l’époque, tous les rôles de ce film étaient tenus par des acteurs noirs (Marpessa Dawn et Breno Mello pour les rôles vedettes), alors inconnus du grand public.

Autre particularité du film : la musique. Elle y tient une place prépondérante. Y figurent trois perles de la musique brésilienne dans leur version originale immaculée, : Manhà de Carnaval, A Felicidade et Samba de Orfeu dans leur version originale. Nés du génie d’Antonio Carlos Jobim, Luiz Bonfà et Vincius de Moraes. À cette bande sonore s’ajoutent les musiques de carnaval accompagnant les défilés traditionnels, comme le frevo. La manifestation de la ferveur religieuse où se mêlaient des influences amérindiennes et africaines étaient également une partie importante de cette partition où beaucoup découvraient ce qu’est la macumba

 

 

ORFEU NEGRO – petite histoire de la bande sonore

 

Au soir du 12 mai 1959, au palais des Festivals de Cannes, on découvre un film étrange, réalisé par Marcel Camus à Rio de Janeiro, interprété par des acteurs noirs inconnus du public et présenté, faute de temps, sans sous-titres permettant d’éclairer le sens des paroles brésiliennes. Qu’importe si les dialogues échappent à l’entendement, les amours d’Orphée et d’Eurydice composent une histoire universelle que les rythmes du carnaval auréolent d’un charme inédit. « Les sambas de l’Orphée Noir ont électrisé le festival ! », titre l’Aurore dès le lendemain, plaçant l’outsider franco-brésilien sur le chemin de la victoire devant les Quatre cents coups de François Truffaut. Le jury décerne la Palme d’Or à Orfeu Negro, au moment même où Philips lance sur le marché français le premier album de la bande originale et révèle au public les mélodies de Tom Jobim, la guitare et les compositions de Luiz Bonfá, ainsi que la poésie de Vinícius de Moraes.

 

Le disque comporte deux titres qui feront date dans l’histoire de la musique populaire brésilienne : A Felicidade, de Jobim et Moraes, et Manhã de Carnaval composé par Bonfá sur des paroles du journaliste et poète Antônio Maria. Interprétées par Agostinho dos Santos et Elizeth Cardoso, ces chansons connaissent un succès immédiat.

 

Parallèlement, de nombreux musiciens occidentaux se lancent dans l’aventure d’Orfeu Negro, sorti en salle le 12 juin 1959. En France, une kyrielle de chanteurs enregistre La Chanson d’Orphée et Adieu tristesse. Aux États-Unis, après une sortie remarquée en décembre 1959, le film reçoit l’Oscar du meilleur film étranger en 1960 et la bande originale, lancée par Epic en juin 1960, trouve un large écho auprès des jazzmen nord-américains.

 

Pour plusieurs d’entre eux, Orfeu Negro s’apparente à la découverte d’un Nouveau Monde sonore. Dizzy Gillespie : « J’ai découvert la samba avec la bande originale d’Orfeu Negro. Lorsque les musiciens ont commencé à jouer, je me souviens avoir pensé : mais, ce sont mes frères là-bas ? Quand je suis arrivé au Brésil, je me suis rendu compte que c’étaient vraiment des frères et qu’il existait une vraie relation entre nos musiques ».

 

Orfeu Negro signe le point de départ de l’expansion de la musique brésilienne dans le monde. La bande originale annonce la Bossa Nova, dont les premiers échos parviennent aux États-Unis au cours de l’année 1961.

 

Avant-goût de la bossa nova, Orfeu Negro dessine un triangle musical inédit entre la France, le Brésil et la côte ouest des États-Unis. De manière générale, la bande originale frappe par sa diversité. Loin de prendre parti dans la querelle des Anciens et des Modernes, Camus offre au spectateur d’Orfeu Negro un panorama de la musique populaire brésilienne des années 1950, alliant les rythmes afro hérités de la période coloniale aux propositions novatrices de Jobim et Bonfá.

 

La musique traditionnelle est présente dans la série des pontos de macumba enregistrée dans des terreiros de la région de Rio, marquée par la forte prégnance de l’umbanda – croyance syncrétique mêlant éléments africains, catholiques et spirites. Accompagnés de battements de mains, atabaques et agogô, chantés en portugais et entrecoupés de cris manifestant la transe des participants, ces enregistrements constituent des documents ethnologiques de premier ordre, dont la force esthétique prend le contre-pied des préjugés en vigueur dans la société brésilienne de ces années-là.

 

La musique carnavalesque est également à l’honneur, avec les batucadas interprétées par les baterias des écoles de samba les plus prestigieuses de l’époque. Enregistrés en studio, ces ensembles de percussions rendent compte de la diversité des rythmes du carnaval carioca : la samba, mais aussi le frevo, danse des ombrelles venue de Recife, dont Jobim reproduit le rythme binaire et syncopé dans Frevo do Orfeu. 

 

A Felicidade est chantée par Agostinho dos Santos, choisi par Camus au détriment de João Gilberto dont la voix était jugée trop blanche pour figurer l’Orphée noir. L’ombre de ce dernier plane toutefois sur la musique du film, auquel certains affirment qu’il aurait participé en tant que guitariste. 

 

Le succès de ce film littéralement mythique allait de pair avec celui de sa propre bande son, alors publiée par Philips/Fontana et que nous retrouvons aujourd’hui rééditée sous le label UNIVERSAL JAZZ re-masterisée et remontée dans le souci de suivre au mieux la tension tragique des amours d’Orphée et d’Eurydice telle que l’avaient imaginée Marcel Camus et Vinicius de Moraes.

 

La présente édition est la première à synthétiser tous les acquis des éditions précédentes. Cet album référence présente donc la musique présente dans le film mais non reproduite au sein des différents albums déjà publiés ainsi qu'un important matériel inédit dormant dans les archives Philips. 

 

Cette réédition sera suivie à l’automne 2008 d’une édition de luxe, en volume très limité, reprenant l’intégralité de cette Bande Originale ainsi qu’un deuxième disque regroupant de nombreux bonus et inédits (dont une pépite composée par Tom Jobim). 

 

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Le cercle noir de Jean-Pierre Melville  (LA BOF A ECOUTER D'URGENCE) posté le mardi 08 juillet 2008 12:55

 

Cinéaste et mélomane, Jean-Pierre Melville considérait la bande sonore de ses films plus importante que l’image. Il sollicitera les plus grands compositeurs avec lesquels ses rapports seront souvent difficiles voire impossible. Editée chez Universal dans la collection écoutez le cinema ! dirigée par Stéphane Lerouge une compilation lui est entièrement dédiée.   

 

De Bob le flambeur à Un flic, Le cercle noir raconte 15 années de partitions et de collaborations musicales au cœur du jazz.

Dans les années 50, les partitions des films de Melville sonnent série noire, polars à la française, faisant la part belle aux cuivres et aux violons hollywoodiens. Léon Morin, prêtre, Le Doulos et L’aîné des Ferchaux, les compositeurs Martial Solal, Paul Misraki et Georges Delerue jouent pour lui la référence. Choix d’un harmonica soliste, création d’un fil rouge reliant plusieurs partitions de films clés, ils respectent ses idées autant que faire se peut.

 

 Avec les années 60, Jean-Pierre Melville se détache de ses références et fait appel à des collaborateurs qui esquissent pour lui des partitions taillées sur mesure, sans fioriture, comme François de Roubaix sur Le Samouraï puis Eric Demarsan sur L’armée des ombres.

 

Mais le joyau de cette compilation est de toute évidence la partition que Melville refusa à Michel Legrand en 1970 sur  Le cercle rouge, regrettant une collaboration pas assez symbiotique à son goût. Le compositeur des Demoiselles de Rochefort sera remplacé par Demarsan dont la partition figure également sur l’album.

Enregistrement inédit, Le cercle rouge de Michel Legrand clos cette remarquable compilation tout aussi indispensable dans une discothèque que Stéphane Lerouge dans une cuisine (quoi que...).

 

« Jean-Pierre Melville, le Cercle Noir », édité chez Universal.

 

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Des voix dans la piscine  (LA BOF A ECOUTER D'URGENCE) posté le lundi 30 juin 2008 17:00

 

Classique du film psychologique à la française, pure produit de l’année 1968, La Piscine de Jacques Deray met en scène Alain Delon, Romy Schneider, Maurice Ronet et une Jane Birkin en frêle jeune fille. C’est aussi la rencontre entre un cinéaste atypique et un compositeur alors en pleine créativité aux portes du succès : Michel Legrand.

 

Bientôt oscarisé pour l’affaire Thomas Crown, Michel Legrand choisi de traduire le climat trouble de la villa varoise (et de ceux qui barbotent dans la piscine) en utilisant une large palette musicale :

Ballades indolentes, invitations au fare niente, voix décontractées de Christiane et de Michel Legrand se frottent aux fantasmagories du violon de Stéphane Grappelli, contrastent avec les passages jazzy façon film noir.

 

Ajoutons à cela quelques chansons pop illustrant à merveille les nuits tropéziennes et le mouvement peace and love de l’époque, interprétées par Delaney Bramlett et Sally Stevens et dont les paroles sont écrites par Alan et Marilyn Bergman avec lesquels Legrand vient de collaborer sur l’Affaire Thomas Crown.

 

Le succès commercial et critique du film sorti en février 1969 entérine le couple Delon/Deray. Le cinéaste refera appelle à Michel Legrand sur deux autres productions : Un peu de soleil dans l’eau (1971) adaptée d’un roman de Françoise Sagan et Un homme est mort (1972), thriller tourné à Los Angeles avec Jean-Louis Trintignant. Avec La piscine, ces partitions rares font l’objet d’une première édition discographique intégrale où la pop music côtoie le swing et les envolées lyriques d’un des compositeurs les plus prolifiques et les plus créatifs du cinéma.

 

La piscine de Michel Legrand est édité chez Universal dans la collection Ecoutez le cinema !

 

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