Accueil Date de création : 08/09/07 Dernière mise à jour : 03/07/09 19:01 / 112 articles publiés

LA BOF A ECOUTER D'URGENCE

Une partition au poil, comme dirait Philippe...  (LA BOF A ECOUTER D'URGENCE) posté le jeudi 04 décembre 2008 16:48

 

La guerre du feu. Un film hors du commun…

Pour en écrire la musique, Jean-Jacques Annaud ne contacte pas Pierre Bachelet en dépit de deux précédentes collaborations heureuses. Il sait que son film appelle une partition hors du temps (même si Bachelet semble être hors du temps à l'image de ses chansons Les corons et Elle est d'ailleurs que l'on peut entendre en version live dans la salle des petits-déjeuners de l'hôtel de Calais au Trépor - c'est là que j'écris mon roman quand j'ai envie de fruits de mers).

 

Après avoir hésité entre Maurice Jarre et Georges Delerue (cruel, cruel), Annaud se tourne vers un compositeur moderne et iconoclaste (Philippe, ne vois pas là une allusion à tes joggings) lequel vient de signer la partition de Tess : Philippe Sarde. Le cinéaste a trouvé une personnalité à sa démesure (et vice versa).

 

Nous sommes en 1980. Entièrement tourné sans le secours du langage (quoi qu'un silence vaut parfois mieux qu'un long discours), La guerre du feu ne bénéficie d’aucune vedette (bien que Pamella Anderson ait solicité le premier rôle,  en vain). Jean-Jacques Annaud en est conscient : l’image ne vaudra que par la musique. Aussi, pour orienter le compositeur, le réalisateur le noie-t-il sous une abondante documentation sonore tirée de sa discothèque personnelle et utilisée dans le premier montage du film. Penderecki, musique du Cameroun, chants de gorge Inuits et australiens, Philippe Sarde se fait une vision des intentions du cinéaste.

 

Avec précision, il amène l’orientation esthétique, l’orchestration, le choix des solistes et propose un emplacement pour chaque intervention musicale. Mais jusqu’à la premier séance d’enregistrement, Annaud n’entendra aucune note de la partition. Pour Sarde, cela n’a aucun sens de jouer un thème au piano sans entendre les 150 instrumentistes de l’orchestre. (Bon. Peut-être. Mais tout de même, Philippe, c'est pas sympa pour J.J.)

 

L’enregistrement a lieu à Londres. A l’époque, on projette encore l’image en 35 mm Scope sur un immense écran tendu au fond de la salle, devant les musiciens. Deux orchestres, un chœur, un ensemble de percutions et deux solistes jouent dans la pénombre une partition aux ambitions pharaoniques sous le regard de Philippe Sarde, insouciant des dépassements de budget.

 

Au fil du récit, la partition se civilise. Au début du film, l’écriture est primitive, barbare. Puis, progressivement se dessine le thème d’amour. Le rythme fait place à la mélodie tandis que le film passe de l’organique au sentiment. C’est une grande réussite.

 

Sortit en 1981, le film reçoit deux Césars : meilleur film et meilleur réalisateur. Sarde sera nommé pour la musique.

 

La guerre du feu, de Philippe Sarde, une partition rééditée chez Universal, dans la collection Ecoutez le cinéma !

Et oui.

C'est uncore un coup de ce satané Stéphane Lerouge...

Mais n'allez pas croire qu'il me rétribue pour que je parle de sa collec'.

J'attends toujours une bouteille de Chablis pour la compil' Suprême Lounge 2.

 

 

 

 

 

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Parfum de jazz  (LA BOF A ECOUTER D'URGENCE) posté le vendredi 28 novembre 2008 18:51

Antonio Faraò est considéré par les critiques comme l’un des pianistes de Jazz les plus talentueux. Né dans une famille de musicien à Rome en 1965, le petit Antonio a grandi en écoutant Benny Goodman, Duke Ellington et Frank Sinatra. A la base de ses influences, le jazz d’Oscar Peterson et d’Errol Gardner que d’autres artistes comme Mc Coy Tyner, Herbie Hancock et Keith Jarret vont enrichir au fil des années, sans oublier John Williams, le compositeur de musiques de films aussi fameuses que La guerre des étoiles et Indiana Jones.  

 

Le cinéma fascine Antonio Farao, ce territoire de possibilités musicales infinies l’attire. En 2005, il enregistre avec le London Symphony Orchestra aux studios Abbey Road  la musique du film Anthony Zimmer dans lequel Sophie Marceau tient le rôle principal.

 

Après avoir rendu hommage au cinéma de Pasolini dans un précédent album, Antonio Farao se tourne aujourd’hui vers les compositions pour l’image d’Armando Trovajoli. Ses mélodies jazzy ont donné aux films de Dino Risi ou d’Ettore Scola ironie et mélancolie. Celles qu’Antonio Farao à choisi d’explorer sont celles d’un cinéma italien jouant de la sensualité et du grotesque, comme le film magnifique de Dino Risi Parfum de femme.

 

Woman's perfume est le tire qu'Antonio Farao a choisi de donner au splendide album paru chez Cam Jazz. Le pianiste est accompagné par Dominique Di Piazza à la basse et André Ceccarelli aux percutions.

 

Woman’s parfume est le titre qu’Antonio Farao a choisi de donner à ce splendide album, paru chez Cam Jazz. Le pianiste est accompagné par Dominique Di Piazza à la basse et André Ceccarelli aux percutions.

 

 

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Un Demy pour un Legrand  (LA BOF A ECOUTER D'URGENCE) posté le vendredi 21 novembre 2008 19:17

 

 

 

 

 

 

 

 

Entre le cinéaste Jacques Demy et le compositeur Michel Legrand, ce sera une collaboration enchantée, traversée de bonheurs et d’un seul orage.

Celui qui en reccueille les plus beaux fruits est le chouchou de ce blog, il m'a promis une soirée merveilleuse au Balajo avec Majax si je disais du bien de sa dernière anthologie Le cinéma en chanté de Jacques Demy et Michel Legrand (chez Universal)... Je m'exécute, donc, cher Stéphane.

 

La rencontre entre Michel et Jacques est le fruit du hasard : en 1960, Demy engage Quincy Jones pour la musique de son premier long métrage Lola. Mais le musicien se désiste, laissant Demy avec son film entièrement tourné en muet par économie comme la fameuse chanson de Lola, dont Anouk Aimé récite à l’image les paroles tel un poème. Michel Legrand parvient à en écrire la mélodie, collant aux mouvements des lèvres de la comédienne. Le jeune cinéaste à trouvé son virtuose.

 

Trois ans plus tard, Jacques a conçu un film musical où le chant se substitue entièrement à la parole dans un univers réaliste, sans lyrisme excessif. Il faut plusieurs mois à Michel Legrand pour trouver le style, à la saveur néo-classique des Parapluies de Cherbourg. C’est dans l’arrière salle d’une auberge à Noirmoutier qu’il trouve, un jour de pluie, tâtonnant sur un piano au son tragique.

 

Le succès des Parapluies permet à Demy de tourner en 1967 le film hommage aux comédies musicales américaines dont il rêvait. Avec ses valses jazzy, les demoiselles de Rochefort sera l’œuvre la plus ensoleillée issue de la collaboration Demy-Legrand.

 

 

Peau d’Ane en 1970 aborde un nouveau registre : celui du conte. Il appelle une partition plus baroque, seule capable de réunir un univers à la Cocteau et la culture du pop art. Legrand excelle dans cet exercice.

 

Deux ans plus tard, a lieu la brouille : Demy évoque le projet d’Une chambre en ville, tragédie musicale sur fond de grève. Cette fois, Legrand décline tant il lui semble artificiel de faire chanter un cœur de CRS. Ce sera le seul film qu’ils ne feront pas ensemble, les expériences les plus insensées étant encore à venir comme ce film à jamais évanoui, dont les partitions écrites et orchestrées sont à jamais enfouies dans un carton : Anouchka

 

Retrouvez toutes les partitions du duo Demy Legrand sur l’anthologie Universal éditée dans la collection Ecoutez le cinéma !

Et moi d'aller bientôt au Balajo admirer Majax dans ses tours de magie...

 

 

 

 

 

 

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Elvis goes to Hollywood  (LA BOF A ECOUTER D'URGENCE) posté le samedi 15 novembre 2008 15:13

Le 17 novembre prochain sort un coffret Collectorama consacré à Elvis Presley. Edité chez SL Music, il réunis 1 CD, 1 DVD et un livret de 24 pages évoquant la période fondatrice du King : de l’enregistrement de son premier 45 Tours chez Sun Records en 1954 à son départ pour l’Allemagne quatre ans plus tard, forcé d’effectuer son service militaire alors qu’il est au sommet de sa gloire.

Dès 1956, Elvis intéresse Hollywood. Après un bout d’essai, La Paramount le prend sous contrat pour 7 ans. Il n’est pas prévu qu’il chante pour sa première apparition à l’écran. Mais au dernier moment, devant l’ampleur des ventes de ses derniers succès, les producteurs décident d’ajouter quatre chansons et The Reno Brother's (titre original du film qui évoque la guerre de Sécession) est rebaptisé Love Me Tender.

Tourné en 1957, Le film suivant Loving you porte également le titre de son dernier succès. Elvis y joue un chanteur propulsé superstar grâce à son talent et à un manager doué pour le business  – déjà l’histoire de sa vie. Loving You obtient un immense succès et Elvis devient une vedette du cinéma à part entière.

Son troisième film sorti la même année est dirigé par Richard Thorpe - un réalisateur jusque là spécialisé dans les films de cape et d’épée. Elvis y joue un gars sympa, appréciant de pousser la chansonnette, mais qui tue un type dans une bagarre et se retrouve en prison. Jailhouse Rock est également le titre de son dernier succès. Mais c’est surtout le film emblématique du Rockabilly, sorte du fusion de la musique Country et du rythme & blues repris dans un tempo plus rapide.

Son dernier film tourné avant son départ pour l’armée est souvent considéré comme le meilleur, et pour cause : King Creole est dirigé par Michael Curtiz, le réalisateur Casablanca. Le scénario initialement prévu pour James Dean met en scène un boxeur. Une fois de plus, Elvis interprète un garçon simple qui s'en sort grâce à la chanson. 

Finalement, las de ces rôles stéréotypés, Elvis quittera le cinéma au début des années 70, après avoir tourné une trentaine de films.

... Le DVD qui accompagne le CD permet de découvrir quelques images d'archives inédites (Elvis le jour de son incorporation). Quant au CD, la qualité sonore des enregistrements est soignée, de même que le livret comporte de nombreuses illustrations (affiches, objets ménagers) typiques des années 50. 

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TATI en SONORAMA chez NAIVE  (LA BOF A ECOUTER D'URGENCE) posté le vendredi 17 octobre 2008 20:37

 

 

 

 

 

 

 

 

Le petit monde sonore de Jacques Tati a enfin son écrin !

 Un  coffret vêtu de rouge et de gris comprenant 2 CD ainsi qu’un livret bilingue agrémenté de photos inédites, préfacé par Macha Makeïeff, vient de paraître chez NAIVE.

 Ce Tati sonorama regroupe dans un patchwork débridé toutes les musiques des films du cinéaste (qui faillit bien devenir encadreur comme papa en Seine et Oise). Ce double CD propose également de retrouver de nombreux extraits des bandes sonores de ses films, véritables trésors de bruitages. Avec astuce et malice, Tati use des sons comme l’on tricoterait d’improbables chandails.

 Pour François Porcile « le son n’est jamais réaliste chez Tati, il explore, invente, écho ou rebond de l’action visuelle. Chacun se souvient du timbre particulier de la porte battante du restaurant des vacances de Monsieur Hulot, les crachouillis du poisson-jet d’eau de Mon oncle, le bourdonnement taraudant de la guêpe qui perturbe la tournée du facteur dans Jours de fête, et les soupirs incongrus des sièges de la salle d’attente dans Play Time… »

 Pionier Français de l’utilisation comique du son, Tati en est avant tout un parfait chef d’orchestre. Mais sans la musique proprement dite et la collaboration de musiciens populaires comme Jean Yatove, Alain Romans, Francis Lemarque ou encore Charles Dumont, le petit monde sonore de Tati ne saurait exister.

 Fanfare ou musique de fête foraine, mélodies joyeuses reprises à l’accordéon, jazz enjoué New Orleans, valses bucoliques, piano bastringues, thèmes romantiques… Jacques Tati nous mène d’un bout à l’autre de son film sans jamais faire taire sa petite chanson : celle que nous entendrons encore longtemps, bien au-delà de la dernière bobine de pellicule…

 Le premier CD regroupe donc les musiques dans un relevant plus de l’aménagement d’une fantaisie musicale Tatiesque, et le second CD propose des extraits des bandes sonores agrémentées de chansons (étonnantes) et d’une maquette composée par Georges Delerue pour Play Time (encore plus étonnant).

 

Tati Sonorama,

tout Tati en bande sonore et musicale pour auditeurs tatillons et fiers de leur sonothèque,

édité chez NAIVE (Bravo Thomas !)

 

 

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