Actuellement et ce jusqu'au 19 janvier, la cinémathèque Française consacre une exposition à Dennis Hopper artiste et collectionneur d’art, témoin privilégié d'une Amérique en pleine mutation.
L'occasion pour moi de revenir sur une partition qui roule les mécaniques hurlantes...
C'est en 1968 que le cinéaste et acteur réalise un film faisant date dans l'histoire du cinéma américain : Easy Rider. Portrait d'une génération désenchantée à travers un road movie dans le Sud-ouest des Etats-Unis, le film est aussi une bande sonore pamphlétaire, à l’image de ce vagabondage hippie, lancé plein pot dans sa quête spirituelle.
Easy Rider est un des films rares dont la musique n’est pas conçue comme une bande originale. Pourtant, à l’origine, Dennis Hopper en avait confié l’écriture au groupe Crosby, Stills & Nash. Le projet avorta lorsque les musiciens visionnèrent le film, convaincus qu’ils ne pourraient faire mieux que ce que contenait déjà la bande sonore…
En effet, pour travailler l’image en fonction de la musique, Dennis Hopper avait sélectionné une dizaine de chansons, parmi celles que diffusait la radio à cette époque. Rock’n’roll typique de la fin des années 60 au style transgressif, les chansons évoquent sans détour l’usage de drogue, la défonce, jouant des effets psychédéliques et de télescopage, comme dans le titre des Electric Prunes « Kyrie Eleison/mardi gras », entre rock et chant grégorien.
Parmi ces choix, deux titres dominent : ils sont signés du groupe Steppenwolf dont le légendaire « Born to be wild » deviendra un morceau pionnier du style métal.
Denis Hopper avait sélectionné un titre de Bob Dylan pour la fin de son film. Celui-ci refusa de céder ses droits, mais accepta cependant d’écrire un texte, suggérant de le transmettre au chanteur de folk rock Roger McGuinn, membre du groupe The Byrds. Ainsi naquit « The ballade of Easy Rider » que le succès du film propulsa à la tête des hits parades. Qu'on se le dise.
Commentaires