Accueil Date de création : 08/09/07 Dernière mise à jour : 03/07/09 19:01 / 112 articles publiés

Philippe Sarde, l'homme bon et bougon  (PORTRAITS DE COMPOSITEURS) posté le jeudi 04 décembre 2008 15:13

Frère du producteur Alain Sarde et fils d’une chanteuse d’opéra, Philippe Sarde est encore un jeune homme nonchalant  qui se promène dans son appartement parisien en robe de chambre à longueur de journée lorsque le cinéaste Claude Sautet vient frapper à sa porte.

Il cherche un compositeur pour la musique de son prochain film dans lequel Michel Piccoli et Romy Schneider tiennent les rôles principaux.

Philippe Sarde qui s’attendait à cette visite a déjà réfléchi à un thème : Sautet s’installe dans un canapé, Sarde s’assied devant son piano, égrène quelques notes. Le cinéaste écoute en silence. Puis, il suggère au jeune compositeur un léger changement sur l’écriture du thème. Sarde acquiesce.

Deux heures plus tard, le cinéaste quitte l’appartement de Philippe Sarde, certain d’avoir trouvé le compositeur de son prochain film. Ils travailleront ensemble pendant 20 ans, l’âge que Philippe Sarde avait ce jour là, l’âge auquel il composa sa première musique pour l’écran en 1969, celle du film « Les choses de la vie ».

 

Philippe Sarde aime sans doute le cinéma pour ses actrices et il n’aura de cesse de les faire chanter ou d’en tomber amoureux durant toute sa carrière. Avec plus de trois cent partitions à son actifs, il continu avec la même nonchalance et la même passion pour l’image de bâtir des partitions de films, nouant des amitiés infinies ou orageuses avec les cinéastes d’envergures comme Bertrand Tavernier, Roman Polanski, Jean-Jacques Annaud ou Costa Gavras.

 

Autre belle rencontre, celle du cinéaste Jacques Rouffio. C’est Michel Piccoli qui recommande Philippe Sarde au réalisateur en recherche d’un compositeur pour son film « Sept morts sur ordonnance », soit un mort par bobine. Sarde épouse le sujet avec lyrisme : il écrit une musique de messe noire avec des chœurs travaillés sur les pulsations du cœur. Rouffio a trouvé l’équivalent musical à la violence de son scénariste Georges Conchon.

 

Sous des allures de Schtroumph grognon, habillé d’un trench et d’un éternel jogging, Philippe Sarde apprécie et encourage le talent neuf de cinéastes comme Agnès Merlet, Bruno Podalydès ou Jean-Pierre Ameris.

 

Les partitions de Violette et François, Le sucre, L’état de grâce, l’argent et Sept mort sur ordonnance figurent sur une compilation Philippe Sarde/Jaques Rouffio éditée chez Universal dans la collection Ecoutez le cinéma.

lien permanent

Parfum de jazz  (LA BOF A ECOUTER D'URGENCE) posté le vendredi 28 novembre 2008 18:51

Antonio Faraò est considéré par les critiques comme l’un des pianistes de Jazz les plus talentueux. Né dans une famille de musicien à Rome en 1965, le petit Antonio a grandi en écoutant Benny Goodman, Duke Ellington et Frank Sinatra. A la base de ses influences, le jazz d’Oscar Peterson et d’Errol Gardner que d’autres artistes comme Mc Coy Tyner, Herbie Hancock et Keith Jarret vont enrichir au fil des années, sans oublier John Williams, le compositeur de musiques de films aussi fameuses que La guerre des étoiles et Indiana Jones.  

 

Le cinéma fascine Antonio Farao, ce territoire de possibilités musicales infinies l’attire. En 2005, il enregistre avec le London Symphony Orchestra aux studios Abbey Road  la musique du film Anthony Zimmer dans lequel Sophie Marceau tient le rôle principal.

 

Après avoir rendu hommage au cinéma de Pasolini dans un précédent album, Antonio Farao se tourne aujourd’hui vers les compositions pour l’image d’Armando Trovajoli. Ses mélodies jazzy ont donné aux films de Dino Risi ou d’Ettore Scola ironie et mélancolie. Celles qu’Antonio Farao à choisi d’explorer sont celles d’un cinéma italien jouant de la sensualité et du grotesque, comme le film magnifique de Dino Risi Parfum de femme.

 

Woman's perfume est le tire qu'Antonio Farao a choisi de donner au splendide album paru chez Cam Jazz. Le pianiste est accompagné par Dominique Di Piazza à la basse et André Ceccarelli aux percutions.

 

Woman’s parfume est le titre qu’Antonio Farao a choisi de donner à ce splendide album, paru chez Cam Jazz. Le pianiste est accompagné par Dominique Di Piazza à la basse et André Ceccarelli aux percutions.

 

 

lien permanent

Un Demy pour un Legrand  (LA BOF A ECOUTER D'URGENCE) posté le vendredi 21 novembre 2008 19:17

 

 

 

 

 

 

 

 

Entre le cinéaste Jacques Demy et le compositeur Michel Legrand, ce sera une collaboration enchantée, traversée de bonheurs et d’un seul orage.

Celui qui en reccueille les plus beaux fruits est le chouchou de ce blog, il m'a promis une soirée merveilleuse au Balajo avec Majax si je disais du bien de sa dernière anthologie Le cinéma en chanté de Jacques Demy et Michel Legrand (chez Universal)... Je m'exécute, donc, cher Stéphane.

 

La rencontre entre Michel et Jacques est le fruit du hasard : en 1960, Demy engage Quincy Jones pour la musique de son premier long métrage Lola. Mais le musicien se désiste, laissant Demy avec son film entièrement tourné en muet par économie comme la fameuse chanson de Lola, dont Anouk Aimé récite à l’image les paroles tel un poème. Michel Legrand parvient à en écrire la mélodie, collant aux mouvements des lèvres de la comédienne. Le jeune cinéaste à trouvé son virtuose.

 

Trois ans plus tard, Jacques a conçu un film musical où le chant se substitue entièrement à la parole dans un univers réaliste, sans lyrisme excessif. Il faut plusieurs mois à Michel Legrand pour trouver le style, à la saveur néo-classique des Parapluies de Cherbourg. C’est dans l’arrière salle d’une auberge à Noirmoutier qu’il trouve, un jour de pluie, tâtonnant sur un piano au son tragique.

 

Le succès des Parapluies permet à Demy de tourner en 1967 le film hommage aux comédies musicales américaines dont il rêvait. Avec ses valses jazzy, les demoiselles de Rochefort sera l’œuvre la plus ensoleillée issue de la collaboration Demy-Legrand.

 

 

Peau d’Ane en 1970 aborde un nouveau registre : celui du conte. Il appelle une partition plus baroque, seule capable de réunir un univers à la Cocteau et la culture du pop art. Legrand excelle dans cet exercice.

 

Deux ans plus tard, a lieu la brouille : Demy évoque le projet d’Une chambre en ville, tragédie musicale sur fond de grève. Cette fois, Legrand décline tant il lui semble artificiel de faire chanter un cœur de CRS. Ce sera le seul film qu’ils ne feront pas ensemble, les expériences les plus insensées étant encore à venir comme ce film à jamais évanoui, dont les partitions écrites et orchestrées sont à jamais enfouies dans un carton : Anouchka

 

Retrouvez toutes les partitions du duo Demy Legrand sur l’anthologie Universal éditée dans la collection Ecoutez le cinéma !

Et moi d'aller bientôt au Balajo admirer Majax dans ses tours de magie...

 

 

 

 

 

 

lien permanent

Elvis goes to Hollywood  (LA BOF A ECOUTER D'URGENCE) posté le samedi 15 novembre 2008 15:13

Le 17 novembre prochain sort un coffret Collectorama consacré à Elvis Presley. Edité chez SL Music, il réunis 1 CD, 1 DVD et un livret de 24 pages évoquant la période fondatrice du King : de l’enregistrement de son premier 45 Tours chez Sun Records en 1954 à son départ pour l’Allemagne quatre ans plus tard, forcé d’effectuer son service militaire alors qu’il est au sommet de sa gloire.

Dès 1956, Elvis intéresse Hollywood. Après un bout d’essai, La Paramount le prend sous contrat pour 7 ans. Il n’est pas prévu qu’il chante pour sa première apparition à l’écran. Mais au dernier moment, devant l’ampleur des ventes de ses derniers succès, les producteurs décident d’ajouter quatre chansons et The Reno Brother's (titre original du film qui évoque la guerre de Sécession) est rebaptisé Love Me Tender.

Tourné en 1957, Le film suivant Loving you porte également le titre de son dernier succès. Elvis y joue un chanteur propulsé superstar grâce à son talent et à un manager doué pour le business  – déjà l’histoire de sa vie. Loving You obtient un immense succès et Elvis devient une vedette du cinéma à part entière.

Son troisième film sorti la même année est dirigé par Richard Thorpe - un réalisateur jusque là spécialisé dans les films de cape et d’épée. Elvis y joue un gars sympa, appréciant de pousser la chansonnette, mais qui tue un type dans une bagarre et se retrouve en prison. Jailhouse Rock est également le titre de son dernier succès. Mais c’est surtout le film emblématique du Rockabilly, sorte du fusion de la musique Country et du rythme & blues repris dans un tempo plus rapide.

Son dernier film tourné avant son départ pour l’armée est souvent considéré comme le meilleur, et pour cause : King Creole est dirigé par Michael Curtiz, le réalisateur Casablanca. Le scénario initialement prévu pour James Dean met en scène un boxeur. Une fois de plus, Elvis interprète un garçon simple qui s'en sort grâce à la chanson. 

Finalement, las de ces rôles stéréotypés, Elvis quittera le cinéma au début des années 70, après avoir tourné une trentaine de films.

... Le DVD qui accompagne le CD permet de découvrir quelques images d'archives inédites (Elvis le jour de son incorporation). Quant au CD, la qualité sonore des enregistrements est soignée, de même que le livret comporte de nombreuses illustrations (affiches, objets ménagers) typiques des années 50. 

lien permanent

Auxerre fête le centenaire avec panache!  (EVENEMENTS ET CONCERTS) posté le vendredi 07 novembre 2008 16:38

Francis Lai, Bruno Coulais, Philippe RombiCe sympathique Festival dans l’Yonne met les petits plats dans les grands, à l’heure du Centenaire de Musique de Film. Chaud devant!

En 1908, Camille Saint-Saëns mettait en musique L’Assassinat du Duc de Guise, drame historique en cinq tableaux. C’est officiellement la première partition écrite pour l’image.

Pour célébrer ce premier siècle de la musique à l’écran, le Festival International Musique et Cinéma d’Auxerre propose un Concert des plus prestigieux, samedi 15 novembre, à Auxerre Expo : une promenade dans la mémoire musicale du cinéma, de Serge Prokofiev à Nino Rota, de Michel Legrand à John Williams.

A la direction de l’orchestre Colonne, Laurent Petitgirard dirigera ce programme, accueillant sur scène les compositeurs Gabriel Yared, Claude Bolling, Jean-Michel Bernard, Michael Nyman, la harpiste classique Catherine Michel, ainsi qu’un chœur de cent choristes Icaunais.

de nombreux compositeurs, réunis autour de cette célébration : Francis Lai, Bruno Coulais, Philippe Rombi, sans oublier l’Ecossais Patrick Doyle, musicien de Kenneth Brannagh et Régis Wargnier, de Harry Potter et la coupe de feu.

Pour l’ouverture de ce concert, une Suite spécialement arrangée par le compositeur Raymond Alessandrini proposera un programme à travers les grands thèmes musicaux du cinéma comme Les Sept mercenaires, Le Parrain, Le Clan des Siciliens, Les Parapluies de Cherbourg, Ascenseur pour l’échafaud, Touchez pas au grisbi et Borsalino.

Claude Bolling auquel on doit cette partition mémorable se produira également dans le cadre du festival vendredi 14 novembre en Trio Jazz, précédant sur scène un autre compositeur de grand talent : Michael Nyman. De Meurtres dans un jardin anglais à 24H de la vie d’une femme, il est une figure essentielle de la musique contemporaine, en équilibre entre musique de concert et musique pour l’image.

La soirée d'ouverture sera marquée par la projection du film Un homme et son chien réalisé par Francis Huster et qui marque le retour de Jean-Paul Belmondo à l'écran.
La musique a été composée par
Philippe Rombi.
Cette collaboration Huster/Rombi est née de leur rencontre lors du Festival 2007.
Francis Huster et Philippe Rombi seront présents lors de cette projection au Ciné Casino à Auxerre à partir de 20h00.

Pour en savoir plus sur le festival Musique et cinéma d’Auxerre, les 8 films en compétition, les documentaires de création musicale et courts-métrages projetés ainsi que les rencontres musicales, rendez-vous sur le site du festival.

lien permanent