Le Corniaud, La grande vadrouille, La folie des grandeurs, L’As des as… Les films de Gérard Oury ont pour la plupart laissés un souvenir musical fortement imprégné dans nos mémoires. Qu’il s’agisse de Maurice Jarre, Georges Delerue, Georges Auric ou encore de Michel Polnareff, le réalisateur a toujours fait la part belle aux compositeurs avec lesquels il a collaboré. Parmi eux, Vladimir Cosma est celui avec lequel il a noué une relation la plus forte et durable.
C’est en 1973 que Gérard Oury rencontre le compositeur sur les conseils avisés du metteur en scène François Reichenbach. Oury vient d’entamer le tournage de son prochain film « Les aventures de Rabbi Jacob ». Il devient urgent d’avoir de la musique pour une séquence phare du scénario : une danse hassidique en plein cœur de Paris pendant laquelle un faux rabbin (Joué par Louis de Funès) dévoile d’incroyables talents de danseur.
Cosma vient de remporter un franc succès avec « Le Grand blond avec une chaussure noire », d’Yves Robert. Mais c’est encore un jeune homme timide avec un fort accent slave qui débarque sur le tournage de Rabbi Jacob, à Orly. Oury est plutôt perplexe : entre le très show-business Polnareff et l’académique Georges Auric, le jeune roumain fait malgré lui figure jeune débutant.
En deux ou trois jours, il va composer une maquette sur les mouvements de la chorégraphie déjà réglée pour la séquence. Sa rapidité d’exécution et la qualité de sa proposition épate Oury. De Funès - lui-même pianiste et mélomane - est fortement impressionné. L’union vient d’être scellée : Gérard Oury et Vladimir Cosma vivront l’aventure du cinéma pendant 25 ans et pour 6 longues métrages (Le Schpountz, Le coup du parapluie, L’As des as, La soif de l’or, Levy et Goliath).
Quant au film « Les aventures de Rabbi Jacob », il symbolise cette capacité qu’avait alors le cinéma de pouvoir aborder racisme et religion sans crainte du non politiquement correct, en un mot, un cinéma qui se moquait sincèrement du monde.
C’est au palais des Congrès de Paris que du 18 au 5 octobre, le film « les aventures de Rabbi Jacob » passera de l’écran à la comédie musicale, dans une mise en scène de Patrick Timsit. Vladimir Cosma en signe évidemment la partition. Le Rabbi Muffin, Un premier extrait musical, interprété par MC Solaar est déjà proposé sur le net.

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