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Philippe Sarde, l'homme bon et bougon  (PORTRAITS DE COMPOSITEURS) posté le jeudi 04 décembre 2008 15:13

philippe sarde

Frère du producteur Alain Sarde et fils d’une chanteuse d’opéra, Philippe Sarde est encore un jeune homme nonchalant  qui se promène dans son appartement parisien en robe de chambre à longueur de journée lorsque le cinéaste Claude Sautet vient frapper à sa porte.

Il cherche un compositeur pour la musique de son prochain film dans lequel Michel Piccoli et Romy Schneider tiennent les rôles principaux.

Philippe Sarde qui s’attendait à cette visite a déjà réfléchi à un thème : Sautet s’installe dans un canapé, Sarde s’assied devant son piano, égrène quelques notes. Le cinéaste écoute en silence. Puis, il suggère au jeune compositeur un léger changement sur l’écriture du thème. Sarde acquiesce.

Deux heures plus tard, le cinéaste quitte l’appartement de Philippe Sarde, certain d’avoir trouvé le compositeur de son prochain film. Ils travailleront ensemble pendant 20 ans, l’âge que Philippe Sarde avait ce jour là, l’âge auquel il composa sa première musique pour l’écran en 1969, celle du film « Les choses de la vie ».

 

Philippe Sarde aime sans doute le cinéma pour ses actrices et il n’aura de cesse de les faire chanter ou d’en tomber amoureux durant toute sa carrière. Avec plus de trois cent partitions à son actifs, il continu avec la même nonchalance et la même passion pour l’image de bâtir des partitions de films, nouant des amitiés infinies ou orageuses avec les cinéastes d’envergures comme Bertrand Tavernier, Roman Polanski, Jean-Jacques Annaud ou Costa Gavras.

 

Autre belle rencontre, celle du cinéaste Jacques Rouffio. C’est Michel Piccoli qui recommande Philippe Sarde au réalisateur en recherche d’un compositeur pour son film « Sept morts sur ordonnance », soit un mort par bobine. Sarde épouse le sujet avec lyrisme : il écrit une musique de messe noire avec des chœurs travaillés sur les pulsations du cœur. Rouffio a trouvé l’équivalent musical à la violence de son scénariste Georges Conchon.

 

Sous des allures de Schtroumph grognon, habillé d’un trench et d’un éternel jogging, Philippe Sarde apprécie et encourage le talent neuf de cinéastes comme Agnès Merlet, Bruno Podalydès ou Jean-Pierre Ameris.

 

Les partitions de Violette et François, Le sucre, L’état de grâce, l’argent et Sept mort sur ordonnance figurent sur une compilation Philippe Sarde/Jaques Rouffio éditée chez Universal dans la collection Ecoutez le cinéma.

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Tous les commentaires de l'article:
Philippe Sarde, l'homme bon et bougon

  • Marc Lacroix

    mar 27 jan 2009 19:22

    Hier 26 janvier sur Arte: "Deux hommes dans la ville", de José Giovanni, musique de Philippe Sarde. J'avais oublié combien cette histoire était poignante !

    Grosses bises, Sophie

  • Christian mailto

    ven 05 déc 2008 17:39

    Ravi de lire enfin un article sur le grand Philippe !

    En réalité par rapport au fabuleux "7 morts sur ordonnance" (dont on attend une réédition DVD en français et pas en espagnol comme c'est le cas actuellement), je subodore que Sarde se soit inspiré de l'immense musicien hispanique Federico Mompou et en particulier de sa mélodie "Jo et pressentia com la mar" extrait du recueil "Combat del somni" (pour voix et piano - ou orchestre). On retrouve le même type de flux et reflux debussystes et le même climat harmonique (mais sans copie servile !).

    Il faudrait d'urgence imaginer un coffret 4 ou 5 CDs pour survoler toute sa carrière et en particulier des bijoux encore inédits en CD comme "Le crabe-tambour" ou "Sortie de secours".