Accueil Date de création : 08/09/07 Dernière mise à jour : 03/07/09 19:01 / 112 articles publiés

UN fabuleux coffret pour Georges Delerue  (PORTRAITS DE COMPOSITEURS) posté le mercredi 31 décembre 2008 14:41

6 CD, 117 titres, 7 heures de musique, un livret de 44 pages regroupant les témoignages de cinéastes et compositeurs, la collection Ecoutez le cinéma ! proposée par Universal célèbre l’une des figures emblématiques de la collection avec faste et panache : Georges Delerue.

Pour ce projet hors norme, Stéphane Lerouge a plongé dans les archives personnelles de la famille Delerue, révélant toute une partie de l’œuvre du musicien.

La carrière de Georges Delerue est internationale et s’étale sur 40 ans… Avec la collaboration de l’épouse du compositeur Colette Delerue et de l’ingénieur du son Christophe Henault, Stéphane Lerouge a dérushé puis sauvegardé les bandes masters de ses œuvres retrouvées en France et aux Etats-Unis. Certaines bobines n’avaient pas tourné depuis des décennies.

Au final, c’est un puzzle de cinq mille pièces réduit à un stockage de 14 heures qui a ensuite été élagué. Les grands classiques de Delerue comme Jules et Jim, Le Mépris ou La Nuit américaine on été délaissés au profit d’œuvres rares ou non rééditées. Parmi celles-ci, un florilège de partitions écrites dans les années 60 et 80 en France et aux Etats-Unis :

Le Conformiste de Bernardo Bertolucci, La promesse de l’aube de Jules Dassin, Premier Voyage de Nadine Trintignant, les musiques sont romantiques, écrites dans un style néo classique comme pour La Fleur de l’Age de John Guillermin, Le jour du Dauphin de Mike Nichols ou Love de Ken Russel, ou bien encore d’inspiration médiévale comme pour le film Promenade avec l’amour et la mort de John Huston.

Georges Delerue excelle aussi dans un répertoire jazzy exploré pour Descente aux enfers de Francis Girod ou encore Crime du Cœur de Bruce Beresford. Il arrange des chœurs d’hommes pour La 25ème heure d’Henri Verneuil et Les cavaliers de John Frankenheimer, aborde le folklore américain pour Le mystère Silkwood de Mike Nichols ou fait la part belle à l’orgue de barbarie pour le film de Claude Miller Garde à vue.

La carrière de Georges Delerue est aussi cinématographique que télévisuelle… et radiophonique. Dans les années 60, il écrit de nombreuses musiques pour des courts-métrages deMaurice Pialat ou Agnès Varda. Il signe aussi des génériques d’émission comme l’indicatif de la première diffusion en Mondiovision en 1967 et donne aux radioscopies de Jacques Chancel ce thème au clavecin dès plus élégant en 1972.

EN 1968, Delerue fait trois propositions musicales pour le logo Gaumont. Elles figurent sur la compilation ainsi que la maquette jouée au piano pour le thème d’appel d’Air France destiné aux aéroports écrit à la fin des années 70.

Autre curiosité sonore, une séance de travail regroupant Jeanne Moreau Brigitte Bardot et Georges Delerue pour le film Viva Maria ! de louis Malle.

Ajoutons à cela une maquette inédite de Bossa Nova écrite pour Play Time de Jacques Tati datée de 1967 et encore d’autres incroyables trouvailles sonores, toutes réunies dans le coffret de 6 CD.

Le cinéma de Georges Delerue, musique célèbres ou rares, à écouter absolument.

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The christmas voice  (PORTRAITS DE COMPOSITEURS) posté le mercredi 24 décembre 2008 14:52

Ah ! Noël ! Sa dinde aux marrons, ses guirlandes, et son beau sapin. Nat King Cole, Dean Martin, Bing Crosby, nombreux sont les crooners qui ont chanté Noël. Mais il en est un qui a marqué particulièrement le 7ème art : Franck Sinatra.

 

Francis Albert Sinatra voit le jour un 12 décembre 1915 dans le New Jersey. Ce bel italo-américain que l’on surnommera bientôt the Voice débute sa carrière à vingt ans au milieu des années 30 dans un groupe de jazz amateur. Repéré par le trompettiste Harry James, il enregistre avec lui une dizaine de titres avant de rejoindre l’orchestre de Tommy Dorsey en 1940. I’ll be seeing you, I’ll never smile again… une centaine de chansons naissent de cette collaboration.

 

Trois ans plus tard, Francky se lance dans une carrière solo chez Columbia. La même année, il tourne son premier film en vedette pour la RKO «Higher And Higher » aux côtés d'un jeune prodige, Mel Torme et d'une actrice française: Michèle Morgan. Sa carrière au cinéma est définitivement lancée un an plus tard avec la signature d’un contrat à la MGM.

 

Radio show, comédies musicales aux côtés de Gene Kelly, Franck Sinatra aligne albums et oscars et épouse la délicieuse Ava Gardner. En 1955, il tourne « L’homme au bras d’or », puis, enregistre un an plus tard la chanson culte I’ve got you under ma skin sur des arrangements de Nelson Riddle. En 1966,   Stranger un the night lui vaut plusieurs Grammy Awards. En 1968, My way adaptation de la chanson de Claude François  Comme d’habitude est un autre succès.

 

Décédé il y a dix ans, sa carrière de chanteur couvre 60 années de l'histoire de la musique populaire américaine. Bien au-delà du registre classique du crooner, Sinatra aborda tous les styles de musique populaire, jazz, variété, blues, swing, bossa nova, sans oublier ces fameuses chansons de Noël auxquelles il a consacré plusieurs disques dont « The christmas album » en 1948.

A écouter dès ce soir, en préparant le réveillon.

Joyeux Noël à tous!

 

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Une bande originale qui voit la vie en rose  (LA BOF A ECOUTER D'URGENCE) posté le jeudi 18 décembre 2008 18:03

 

 

 

Sorti mercredi sur les écrans, le film de Leander Ward produit par Disney Nature « Les ailes pourpres » raconte la vie très secrète des flamants-roses.

 

La naissance, la mort et la régénération sont au cœur de l’écriture du film.

 Ce sont également les trois thèmes qu’explore Jason Swinscoe à la tête du Cinematic orchestra.

 

C’est en écoutant le dernier album du groupe que le cinéaste décide de lui confier la musique d’un film qui se distingue résolument des documentaires animaliers traditionnels. D’où cette partition particulière, écrite tel un voyage à travers l’imaginaire.

 

De l’enregistrement de sons en Afrique sur le lieu du tournage à l’élaboration d’arrangements orchestraux avec chant et musique électronique, Jason Swinscoe s’inspire des couleurs et des ambiances, de chants traditionnels masaï, créant comme second espace sonore pour cette histoire non conventionnelle, rejoignant quelque part la démarche artistique de son homologue Bruno Coulais pour le film de Jacques Perrin « Le Peuple migrateur ».

 

Né en Ecosse, Jason Swinscoe, passionné de cinéma et des partitions de Bernard Herrmann pour Alfred Hitchcock s’est d’abord intéressé à la musique électronique expérimentale. Fondé depuis 10 ans, The Cinematic Orchestra a enregistré plusieurs albums. Par ailleurs, Jason Swinscoe a composé une partition pour le film muet russe de 1929 « L’homme à la caméra », de Dziga Vertov.

 

La musique du film « Les ailes pourpres » est la première musique originale signée par le Cinematic Orchestra pour un  film contemporain.

Le film vient de recevoir le Grand Prix de la musique au festival International d’Auxerre.

La bande originale est éditée chez EMI.

 

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Lets get lost with Chet  (PORTRAITS DE COMPOSITEURS) posté le vendredi 12 décembre 2008 19:43

Evènement musical de cette fin d’année : la sortie en DVD du film Let’s get Lost de Bruce Weber consacré à Chet Baker.

(Je vous en parle parce que j'ai loupé la sortie cinéma... c'était début juillet, j'étais déjà dans l'avion pour le République Dominicaine et ses cocktails trop sucrés).

(... Je vous en parle aussi parce que Chet est le musicien de jazz pour lequel j'ai une réelle fascination, tant il est riche de contrastes, de failles et de génie...)

Ce documentaire évoque la vie du célèbre trompettiste et chanteur qui défraya la chronique dans les années 50. Le film tourné un an avant sa mort décrit l’itinéraire du musicien, mais aussi sa famille, ses amis. Des musiciens du mouvement jazz de la Côte Ouest font également partie du voyage.

Invisible pendant 20 ans, restauré en haute définition, projeté au Festival de Cannes, le film capture l’émotion et la personnalité de cet homme à la voix d’ange, déchu par ses propres démons.

 

Né en 1929 dans l’Oklahoma, Chet a dix ans lorsqu’il échange le trombone offert par son père contre une trompette. Engagé à 18 ans dans une fanfare de l’armée américaine stationnée à Berlin, il découvre le be-bop.

 

Au début des années 50, Charlie Parker le choisit parmi de jeunes trompettistes pour l’accompagner dans une tournée sur la Côte Ouest. Chet forme son premier quartet trois ans plus tard, travaille avec de pointures du jazz comme Bud Shank et Gerry Mulligan. Révélé au public avec le disque Chet Baker sings en 1956, il devient une icône fragile et rebelle.

 

Le trompettiste naviguera entre les Etats-Unis et l’Europe, jalonnant son itinéraire de succès et de scandales dramatiques, sa dépendance à l’héroïne lui valant des ennuis avec la justice. Son style et son chant vont évoluer jusqu’à la limite du point de rupture. Chet Baker décède un vendredi 13 en 1988, tombant de la fenêtre d’une chambre d’hôtel à Amsterdam.

My funny Valentine, Embraceable you, Every time we say goodbye La plupart de ses chansons seront reprises dans des bandes sonores de cinéma.

 

Le film retraçant sa vie est proposé dans un coffret sublime, comportant un livret de 40 photos noir et blanc, un CD de 2 titres inédits de Chet Baker ainsi qu’un DVD consacré aux archives du tournage enrichi de deux courts métrages. Let’s get lost est édité chez Wild side video.

 

 

 

 

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Une partition au poil, comme dirait Philippe...  (LA BOF A ECOUTER D'URGENCE) posté le jeudi 04 décembre 2008 16:48

 

La guerre du feu. Un film hors du commun…

Pour en écrire la musique, Jean-Jacques Annaud ne contacte pas Pierre Bachelet en dépit de deux précédentes collaborations heureuses. Il sait que son film appelle une partition hors du temps (même si Bachelet semble être hors du temps à l'image de ses chansons Les corons et Elle est d'ailleurs que l'on peut entendre en version live dans la salle des petits-déjeuners de l'hôtel de Calais au Trépor - c'est là que j'écris mon roman quand j'ai envie de fruits de mers).

 

Après avoir hésité entre Maurice Jarre et Georges Delerue (cruel, cruel), Annaud se tourne vers un compositeur moderne et iconoclaste (Philippe, ne vois pas là une allusion à tes joggings) lequel vient de signer la partition de Tess : Philippe Sarde. Le cinéaste a trouvé une personnalité à sa démesure (et vice versa).

 

Nous sommes en 1980. Entièrement tourné sans le secours du langage (quoi qu'un silence vaut parfois mieux qu'un long discours), La guerre du feu ne bénéficie d’aucune vedette (bien que Pamella Anderson ait solicité le premier rôle,  en vain). Jean-Jacques Annaud en est conscient : l’image ne vaudra que par la musique. Aussi, pour orienter le compositeur, le réalisateur le noie-t-il sous une abondante documentation sonore tirée de sa discothèque personnelle et utilisée dans le premier montage du film. Penderecki, musique du Cameroun, chants de gorge Inuits et australiens, Philippe Sarde se fait une vision des intentions du cinéaste.

 

Avec précision, il amène l’orientation esthétique, l’orchestration, le choix des solistes et propose un emplacement pour chaque intervention musicale. Mais jusqu’à la premier séance d’enregistrement, Annaud n’entendra aucune note de la partition. Pour Sarde, cela n’a aucun sens de jouer un thème au piano sans entendre les 150 instrumentistes de l’orchestre. (Bon. Peut-être. Mais tout de même, Philippe, c'est pas sympa pour J.J.)

 

L’enregistrement a lieu à Londres. A l’époque, on projette encore l’image en 35 mm Scope sur un immense écran tendu au fond de la salle, devant les musiciens. Deux orchestres, un chœur, un ensemble de percutions et deux solistes jouent dans la pénombre une partition aux ambitions pharaoniques sous le regard de Philippe Sarde, insouciant des dépassements de budget.

 

Au fil du récit, la partition se civilise. Au début du film, l’écriture est primitive, barbare. Puis, progressivement se dessine le thème d’amour. Le rythme fait place à la mélodie tandis que le film passe de l’organique au sentiment. C’est une grande réussite.

 

Sortit en 1981, le film reçoit deux Césars : meilleur film et meilleur réalisateur. Sarde sera nommé pour la musique.

 

La guerre du feu, de Philippe Sarde, une partition rééditée chez Universal, dans la collection Ecoutez le cinéma !

Et oui.

C'est uncore un coup de ce satané Stéphane Lerouge...

Mais n'allez pas croire qu'il me rétribue pour que je parle de sa collec'.

J'attends toujours une bouteille de Chablis pour la compil' Suprême Lounge 2.

 

 

 

 

 

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