Cinéaste et mélomane, Jean-Pierre Melville considérait la bande sonore de ses films plus importante que l’image. Il sollicitera les plus grands compositeurs avec lesquels ses rapports seront souvent difficiles voire impossible. Editée chez Universal dans la collection écoutez le cinema ! dirigée par Stéphane Lerouge une compilation lui est entièrement dédiée.
De Bob le flambeur à Un flic, Le cercle noir raconte 15 années de partitions et de collaborations musicales au cœur du jazz.
Dans les années 50, les partitions des films de Melville sonnent série noire, polars à la française, faisant la part belle aux cuivres et aux violons hollywoodiens. Léon Morin, prêtre, Le Doulos et L’aîné des Ferchaux, les compositeurs Martial Solal, Paul Misraki et Georges Delerue jouent pour lui la référence. Choix d’un harmonica soliste, création d’un fil rouge reliant plusieurs partitions de films clés, ils respectent ses idées autant que faire se peut.
Avec les années 60, Jean-Pierre Melville se détache de ses références et fait appel à des collaborateurs qui esquissent pour lui des partitions taillées sur mesure, sans fioriture, comme François de Roubaix sur Le Samouraï puis Eric Demarsan sur L’armée des ombres.
Mais le joyau de cette compilation est de toute évidence la partition que Melville refusa à Michel Legrand en 1970 sur Le cercle rouge, regrettant une collaboration pas assez symbiotique à son goût. Le compositeur des Demoiselles de Rochefort sera remplacé par Demarsan dont la partition figure également sur l’album.
Enregistrement inédit, Le cercle rouge de Michel Legrand clos cette remarquable compilation tout aussi indispensable dans une discothèque que Stéphane Lerouge dans une cuisine (quoi que...).
« Jean-Pierre Melville, le Cercle Noir », édité chez Universal.
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