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Les Prix SACEM de Printemps à quelques temps de l'Eté...  (EVENEMENTS ET CONCERTS) posté le jeudi 19 juin 2008 12:14

karol beffa, laurent petit-girard, sacem



Régulièrement, la SACEM honore et encourage ses auteurs en remettant deux fois par ans de nombreux prix. Parfois surpris, les jeunes lauréats (membres de groupes de rock, frais chanteur à midinette) découvrent qu’il y a des personnes derrières la très sérieuse Société qui gère les droits d’auteurs. Rien que pour découvrir leur mine réjouie, leur enthousiasme juvénile et sincère, ces prix vaudraient d’être retransmis sur une chaîne de télévision dédiée à la musique…

Ainsi, les Prix SACEM de Printemps ont été attribués voilà quelques jours.
Les Prix de Printemps sont très différents des Grands Prix de décembre. Ils sont nés de legs et de donations et de la volonté de certains de grands anciens membres d’honorer les genres musicaux les plus divers. La musique contemporaine y est fortement représentée, aux côtés d’expressions musicales les plus variées allant du rock à l’accordéon.
Parmi les lauréats distingués cette année, j’avais envie de donner un coup de chapeau à un garçon visiblement surdoué (lisez donc son CV un peu plus loin…) Karol Beffa, récipiendaire du Prix du SACEM des Jeunes Compositeurs. Présenté affectueusement par Laurent Petit-Girard Président du Conseil d’Administration de la SACEM (et Compositeur de musique de film et d’œuvres contemporaines), ce jeune homme surdoué fascine par son parcours, certes, mais c’est l’étonnant mélange de disciplines avec une sensibilité particulière pour le cinéma (il a été comédien étant enfant, incarnant Mozart à 8 ans, et accompagne régulièrement des films muets au piano) qui en fait un compositeur au profil pertinent. On pourrait imaginer de sa part très prochainement un travail autour de l’image cinématographique…
Aussi, je voulais vous montrer sa bobine.
Et vous dire combien c’était une grande joie pour moi, journaliste, pianiste à ses heures, assise à côté d’Alain Chamfort ( !) dans l’auditorium Debussy, que de voir toutes les disciplines de la musique fêtées par des membres de tous âges et de tous styles musicaux, des plus sérieux aux plus extravertis.

Et vous dire, enfin, à quelques jours de la fête de la musique, combien, ici, à la SACEM, on se mobilise pour défendre et protéger les droits d'auteurs en grand danger devant l'ogre Internet et le téléchargement gratuit des oeuvres. Je suis de ceux qui achète (encore) ses disques, avec le plaisir de retirer l'emballage plastique, de caresser l'objet, de le tourner en tout sens, d'en retirer le livret pour m'instruire, tout en écoutant tel morceau de Jazz, de Blues, de classique, ou telle musique de film dénichée à la boutique chez MK2 avant d'aller au cinéma avec my husband voir un film pour lequel nous payons notre place - plus une glace vanille-caramel. Payer pour l'art, c'est garantir à nos enfants que demain, ils auront aussi cette diversité, cette profusion d'offre culturelle à portée de main, et non une seule offre décidée par un unique groupe multi-média régissant images, musiques, bouquins.
A bon entendeur.


Le petit CV de Karol Beffa :
Karol Beffa, né en 1973, mène parallèlement études générales et études musicales après avoir été enfant acteur entre sept et douze ans dans plus d’une quinzaine de films (il a notamment joué avec le Piccolo Teatro di Milano sous la direction de Giorgio Strehler et a interprété Mozart à huit ans dans un téléfilm de Marcel Bluwal). Reçu premier à l’École Normale Supérieure (Ulm), il étudie l’histoire (licence), l’anglais (maîtrise), la philosophie (Master à l’université de Cambridge) et les mathématiques : il est diplômé de l’École Nationale de la Statistique et de l’Administration Economique (Ensae). Entré au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris en 1988, il y obtient sept Premiers Prix (harmonie, contrepoint, fugue, musique du XXe siècle, orchestration, analyse, improvisation au piano) et le Prix d’accompagnement vocal. Reçu premier à l’Agrégation d’éducation musicale, il enseigne à l’Université Paris IV-Sorbonne (1998-2003) puis à l’École Polytechnique. Il a obtenu en 2003 le titre de docteur en musicologie en soutenant une thèse de doctorat portant sur les Études pour piano de György Ligeti. En 2004, il a été élu Maître de conférence à l’École Normale Supérieure (Ulm). Pianiste, Karol Beffa s’est produit plusieurs fois en soliste avec orchestre, a joué à la salle Cortot, à la salle Gaveau, au Festival de Radio-France à Montpellier, au Festival Piano-en-Valois, à la Halle aux Grains de Toulouse, au festival du Périgord noir... Par ailleurs, il se produit régulièrement en concert en accompagnant des lectures de textes et des films muets.
 Il donne des concerts d’improvisation sur des thèmes suggérés par le public, genre qu’il est l’un des seuls pianistes à proposer en Europe. Compositeur, ses œuvres ont été jouées en France (salle Pleyel, théâtre du Châtelet, auditorium Olivier Messiaen...), en Allemagne, en Italie, en Grande-Bretagne, en Russie, aux États-Unis et au Japon par des ensembles aussi célèbres qu’A Sei Voci, la Maîtrise de Radio France, les Cambridge Voices et par les plus grands orchestres (Philharmonique de Radio France, de l’Opéra de Lyon, de Bretagne, Bayeri- sche Kammerphilharmonie, Baltic Chamber Orchestra, Philharmonie de Saint-Pétersbourg...).
Il a bénéficié de commandes de nombreux festivals: Saint-Lizier, Juventus, Couperin en concerts, le Festival d’art sacré de l’Abbaye de Sylvanès, le Festival des forêts, le festival Chartres en plein chant... En 2000, la Biennale internationale des Jeunes Artistes de Turin l’a sélectionné pour représenter la France. En 2002, il était le plus jeune compositeur français programmé au Festival Présences. Pour l’année 2004, le Festival Musique en Tréfilerie lui a consacré une rétrospective et le salon d’honneur des Invalides un portrait sous forme de deux concerts.
Commande de Musique Nouvelle en Liberté, son œuvre “Fictions”a été jouée neuf fois par l’Orhestre National des Pays de la Loire.
En juillet 2005, un oratorio-ballet sur la vie de Marie-Madeleine a été entendu à trois reprises en Provence. Mars 2006 a vu la création d’une pièce par l’orchestre de Pau, sous la direction de Fayçal Karoui. C’est la première fois en France, qu’une souscription était lancée auprès du public pour passer commande à un compositeur. Compositeur en résidence de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse depuis 2006, la création, en janvier 2008, de son concerto pour violon a été saluée unanimement par la presse ; l’œuvre sera reprise en tournée en mars 2009. Après plusieurs pièces — “Metropolis”, “La Nef des fous”, “Orange mécanique”, “Études 2 et 5 pour piano” — où le compositeur explore avant tout le pôle rythmique, nerveux, déjanté, désarticulé de son imaginaire (le“clocks”, pour reprendre la terminologie de Ligeti à propos de sa pièce “Clocks and Clouds”), Karol Beffa retourne à ses amours premières et revient à des  climats étales, contemplatifs, harmoniques  (le “clouds” de Ligeti).

Son actualité :
En mai-juin 2008, il est le compositeur invité du Festival d’Auvers-sur-Oise et de Suona francese (Rome), en juillet des "Pianissimes" de Neuville-sur-Saône. Septembre 2008 verra la création d’un trio flûte, alto et harpe, co-commande de Marie- Pierre Langlamet et de la Fondation de la Philharmonie de Berlin ; avril 2009 celle d’un quatuor à cordes pour le quatuor Capuçon (Madrid) ; mai 2009 celle d’un concerto pour piano, à la demande de Boris Berezovsky, avec l’Orchestre National du Capitole.

Karol Beffa est boursier de l’Institut de France en composition (2001), lauréat de la Fondation Lili et Nadia Boulanger (2001), boursier de l’Académie musicale de Villecroze et lauréat de la Fondation Natexis (2002), lauréat de la bourse des Muses
(2004), finaliste du concours international de composition de Prades (2005 et 2007) et lauréat du Prix Charles Oulmont (2005).

Discographie :
• “Six Études, Sillages et Voyelles pour piano” (par Lorène de Ratuld), coup de cœur de l'Académie Charles-Cros, recommandé par Arte
• “Trois Étudespour piano” (par Dana Ciocarlie)
• “Metropolis” (par Arnaud Thorette et Johan Farjot)
• “Masques I et II” (par Renaud et Gautier Capuçon)
• “Subway (par Romain Leleu et Julien Le Pape)
• “Après une lecture de Bach...” (par Marina Chiche)
• “Improvisations” (par Karol Beffa)



 

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