L'œuvre du compositeur Michel Magne est sans doute la plus atypique du répertoire français.
On y trouve pêle-mêle des musiques de ballets, des expériences infrasonores, une comédie musicale, des compositions picturales et une centaine de musiques de films dont il écrira les premières au début des années soixante.
Pour son premier film avec le scénariste et dialoguiste Michel Audiard, Georges Lautner rencontre Michel Magne sur les conseils de son directeur de production. Ainsi va naître une partition très second degrés à l'image d'un film gag qui traversera les années sans prendre une ride Les tontons flingueurs.
Angélique, Mélodie en sous sol, Fantomas, Un singe en hiver, Belle de jour, de Bunuel à Borderie, de Verneuil à Vadim, les partitions de Michel Magne investissent tous les genres, y compris le petit écran : c'est un extrait de son ballet « le rendez-vous manqué » qui illustre le célèbre générique de l'émission Cinq colonnes à la une.
Victime d'un effet de mode, Magne passe en dix ans du succès à la faillite. Ruiné, révolté, déchiré, il crucifie de rage ses années de labeur, tissant les bandes magnétiques de ses enregistrements sur des cadres exposés à Saint-Paul de Vence. C'est là qu'il se donnera la mort un soir de décembre 1984.
Une carrière fulgurante et un artiste hors normes, à l'image de cette toccata remarquable que Michel Magne écrira pour le film de Roger Vadim Barbarella. Partition qui, pour l'anecdote, sera refusée par la production laquelle à l'époque préféra la pop anglaise à Jean-Sébastien Bach.
Dans les années 50, à peine âgé de 24 ans, Magne crée salle Gaveau à Paris plusieurs œuvres aux titres surréalistes : Carillon dans l'eau bouillante, Mémoire d'un trou, Méta-mécanique saccadée... Réunies sous le titre de Concert de musique inaudible, elles sont saluées par un spectateur enthousiaste : le cinéaste Abel Gance.Magne renouvelle l'expérience 4 ans plus tard, avec un nouveau programme : Pointes de feu amorties au dolosal, larmes en sol pleureur, les œuvres sont littéralement exécutées. On fait bouillir les carillons, des chirurgiens opèrent une patiente nue dans un piano, des casseurs d'assiettes brisent tant et si bien leurs instruments qu'il ne reste plus de vaisselle pour achever le morceau...
Le plus singulier est sans doute qu'Eddie Barclay ait eu l'idée de graver sur disque les élucubrations de ce jeune compositeur. L'album paraît sous le titre de musique tachiste, justifié par la méthode de Magne : utiliser de taches sonores comme un peintre des couleurs.
Dix ans plus tard, Magne va renouveler l'expérience du foutraque musical chez Pathé-Marconi, confiant ses compositions à un arrangeur prometteur aux idées insolites : Jean-Claude Vannier. Enregistrées par le pianiste Martial Solal sous contrat chez Pathé, l'album Martial Solal joue Michel Magne sort en 1968.
Ce sont ces étonnantes rencontres musicales et ces œuvres singulières qu'Universal vient de rééditer sous le titre Le monde expérimental de Michel Magne dans la collection Ecoutez le cinema !
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Date de création : 08/09/07 Dernière mise à jour : 03/07/09 19:01 / 112 articles publiés
MICHEL MAGNE, UN MONDE EXPERIMENTAL posté le samedi 26 janvier 2008 15:07
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Tous les commentaires de l'article:
MICHEL MAGNE, UN MONDE EXPERIMENTAL
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j' ignorais totalement la VIE de Michel Magne, même si je connais sa musique, pleine d'envolées lyriques souvent. Alors , il a eu une vie d' artiste " maudit" , c'est triste et romanesque à la fois; MERCI SOPHIE
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