Accueil Date de création : 08/09/07 Dernière mise à jour : 03/07/09 19:01 / 112 articles publiés

Portrait musical d'Alain Resnais  posté le jeudi 17 janvier 2008 11:44

alain resnais, bruno fontaine, georges delerue, miklos rosza




Dessiner un portrait musical du cinéaste Alain Resnais revient à délier un ruban de musiques de film fait de collaborations inattendues et de styles les plus divers. Mais il persiste comme une ligne évidente à travers tous ses films que le compositeur Bruno Fontaine appelle La ligne Resnais.

Si le cinéaste n’a jamais été fidèle à un musicien au-delà de deux collaborations, il sait dénicher chez eux ce qui l’intéresse. Pour Resnais, la musique remplace l’émotion d’une scène, supprime un dialogue superflu, donne des indications sur la temporalité d’un récit ou sur sa dimension imaginaire. Aussi va-t-il chercher d’abord un style musical plutôt qu’un compositeur et se tourner souvent vers des musiciens n’ayant aucune expérience du cinéma.
Ainsi, à la recherche d’une évocation des années 30 pour son film Stavinsky (1974), Resnais se tourne vers le compositeur et librettiste de comédies musicales newyorkais Stephen Sondheim qui connaît alors sa première expérience cinématographique.

Resnais se freine donc sur les grandes collaborations avec des musiciens de cinéma. Georges Delerue s’interrogera toujours sur le refus de Resnais de lui proposer autre chose que d’écrire des musiques fonctionnelles sur Hiroshima mon amour et Muriel.

Compilées sous le label UNIVERSAL dans la collection Ecoutez le cinéma ! les musiques des films de Resnais tracent un chemin singulier, d’une écriture à l’autre. La récurrence des valses est frappante : valse tragique pour Providence (1977) que l’on doit au compositeur hollywoodien Miklos Rosza, valse vénéneuse pour La vie est un roman (1983) signée Philippe-Girard, ou valse médusée pour On connaît la chanson écrite par Bruno Fontaine. C’est que le cinéaste a sa méthode : faire croire au musicien qu’il a carte blanche pour se révéler un interventionniste aussi discret que tenace.

Alain Resnais, portrait musical, on ne pouvait trouver plus juste titre pour une compilation de plus de 40 ans de carrière du cinéaste sans doute le plus musicien de sa génération.
Il est à noter qu'en ce début d'année, le cinéaste est particulièrement à l'honneur avec une rétrospective au Centre Pompidou et à la cinémathèque de Toulouse et un concert symphonique le 18 janvier dans le cadre du Festival Premiers Plans d'Angers (concert symphonique, l'Orchestre National des Pays de la Loire, sous la direction de Bruno Fontaine).
 

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