alain resnais, bruno fontaine, georges delerue, miklos rosza
Dessiner un
portrait musical du cinéaste Alain Resnais revient à
délier un ruban de musiques de film fait de collaborations
inattendues et de styles les plus divers. Mais il persiste comme
une ligne évidente à travers tous ses films que le
compositeur Bruno Fontaine appelle La ligne
Resnais.
Si le cinéaste
n’a jamais été fidèle à un
musicien au-delà de deux collaborations, il sait
dénicher chez eux ce qui l’intéresse. Pour
Resnais, la musique remplace l’émotion d’une
scène, supprime un dialogue superflu, donne des indications
sur la temporalité d’un récit ou sur sa
dimension imaginaire. Aussi va-t-il chercher d’abord un style
musical plutôt qu’un compositeur et se tourner souvent
vers des musiciens n’ayant aucune expérience du
cinéma.
Ainsi, à la recherche
d’une évocation des années 30 pour son film
Stavinsky (1974), Resnais se tourne vers le compositeur et
librettiste de comédies musicales newyorkais Stephen Sondheim qui connaît alors sa
première expérience
cinématographique.
Resnais se freine donc sur les
grandes collaborations avec des musiciens de cinéma.
Georges
Delerue s’interrogera toujours sur le refus de
Resnais de lui proposer autre chose que d’écrire des
musiques fonctionnelles sur Hiroshima mon amour et
Muriel.
Compilées sous le label
UNIVERSAL dans la collection Ecoutez le cinéma !
les musiques des films de Resnais tracent un chemin singulier,
d’une écriture à l’autre. La
récurrence des valses est frappante : valse tragique pour
Providence (1977) que l’on doit au compositeur
hollywoodien Miklos Rosza, valse
vénéneuse pour La vie est un roman (1983)
signée Philippe-Girard, ou
valse médusée pour On connaît la
chanson écrite par Bruno
Fontaine. C’est que le cinéaste a sa
méthode : faire croire au musicien qu’il a carte
blanche pour se révéler un interventionniste aussi
discret que tenace.
Alain Resnais, portrait
musical, on ne pouvait trouver plus juste titre pour une
compilation de plus de 40 ans de carrière du cinéaste
sans doute le plus musicien de sa
génération.
Il est à
noter qu'en ce début d'année, le cinéaste est
particulièrement à l'honneur avec une rétrospective au Centre Pompidou et à la
cinémathèque de Toulouse et un concert symphonique le 18 janvier
dans le cadre du Festival Premiers Plans
d'Angers (concert symphonique, l'Orchestre National des
Pays de la Loire, sous la direction de Bruno
Fontaine).
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