Rares sont les films dont l'écriture prend la musique pour source d'inspiration. C'est le cas de 24 mesures, le premier long métrage du comédien Jalil Lespert.
Ce film met en scène quatre destins, autant de personnages qui vont se croiser au court d'une seule nuit, celle du 24 décembre. Jalil Lespert les envisage tels des instruments de musique au sien d'une même composition. Avec l'écrivain Yann Apperry, il écrit le scénario comme l'on compose un morceau de free jazz.
Selon une structure imaginaire de 24 mesures (soit le double d'une mesure de jazz), vont évoluer comédiens, lumières, lieux et mouvements de caméra. Club de strip-tease, salles de concerts, clubs, dancefloor et intérieure de voiture génèrent différentes ambiances sonores. Les personnages - un batteur de jazz, un jazzman, un chauffeur de taxi, une jeune femme à la dérive - possèdent chacun leur propre texture musicale. Et les comédiens Sami Bouajila, Benoît Magimel et Lubna Azabal, d'interpréter leur propre solo au sein d'un même et long périple, une nuit blanche et brutale.
Pulsions des personnages et pulsations rythmiques se confondent.
La bande originale du film réunit des titres troublants et énergiques comme celui du groupe Antipop rejoint par la comédienne Asia Argento. Le DJ Manu Le Malin donne le tempo si particulier d'une dérive nocturne et des rythmes tapageurs du monde de la nuit.
Mais il est un musicien incontournable du jazz que le réalisateur Jalil Lespert convoque et honore dans son film, lui donnant plus qu'un rôle, le pouvoir d'illuminer le récit: le saxophoniste Archie Shepp.
24 mesures, une bande originale éditée sous le label Uncivilized world distribuée par Discograph.
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