Musique à Douai –Conservatoire national de
région est une association qui a en charge la
programmation musicale à caractère professionnel du
conservatoire de Douai. Ils viennent de me contacter afin que je
vous informe d’un concert de la plus haute
importance!
Je m’exécute illico :
Le mardi 4 décembre 2007 à 20h30 à l’auditorium Henri Dutilleux du conservatoire aura lieu un concert consacré aux plus belles musiques de film de Jean-Claude Petit. Le compositeur dirigera le concert qui sera par ailleurs présenté par Stéphane Lerouge (Calmez-vous, les filles) avec projection d’extraits des films sur grand écran.
Au programme : Cyrano de Bergerac, le Hussard sur le toit, Jean de Florette, Manon des Sources, Beaumarchais, Deux, Mayrig, Le Château des oliviers, Les Misérables...
Ils accueillent également Levon Minassian, soliste au doudouk dans la très belle partition du film Mayrig.
Pour les ignares d’entre vous qui pensent que Jean-Claude Petit et le fils caché de Roland Petit, voici ce que notre ami, le merveilleusement bien coiffé Stéphane Lerouge - concepteur de la collection discographique Ecoutez le cinéma ! chez Universal Jazz, programmateur musical du Festival International Musique et Cinéma d'Auxerre, consultant musical pour le Festival de Cannes, chargé de cours à l'Université de Paris I (1992-2005), auteur de Conversations avec Antoine Duhamel (Textuel, 2007) - dit grosso modo de Jean-Claude Petit et de ses repères biographiques :
"Jean-Claude Petit incarne une nouvelle génération de compositeurs pour l'image, apparue au tournant des années quatre-vingt, avec le premier long-métrage Vive la sociale ! de Gérard Mordillat, en 1982. (…)
Né en 1943, Petit suit des études classiques au Conservatoire de Paris (harmonie, fugue, contrepoint), avec une passion parallèle pour le jazz, qui l'amène à travailler avec des pointures comme Stan Getz, Dexter Gordon ou Kenny Clarke. Au début des années soixante, il accompagne des chanteurs yé-yé, écrit leurs arrangements. Petit devient bientôt l'arrangeur vedette du show-biz. Le son typique de la variété française des années soixante-dix, c'est beaucoup celui de Jean-Claude Petit. Pendant quinze ans, il orchestre les albums de Mort Shuman, Michel Sardou, Gilbert Bécaud et, surtout, Claude François et Julien Clerc. Il enregistre plusieurs albums de variété instrumentale, écrit une poignée de tubes (Il a neigé sur yesterday pour Marie Laforêt), dirige l'orchestre des émissions de Michel Drucker (Stars et Champs-Elysées, dont il compose également les indicatifs).
À l’approche de la quarantaine, Petit prend le risque d'un choix de carrière radical : le cinéma où il va pouvoir faire ses preuves, explorer ses différentes cultures musicales en toute liberté.
Sa première grande partition, c'est Jean de Florette et Manon des Sources, de Claude Berry, en 1986. En s'appuyant sur les sept premières notes de l'ouverture de La Force du destin, l'opéra de Verdi, Petit développe une vaste partition, où émergent l'harmonica soliste et quelques citations du folklore provençal. Le succès international des deux films sert de carte de visite à Petit, tout en conditionnant son image. En l'occurrence, celle d'un compositeur d'inspiration classique ou néo-classique, confortée par sa collaboration avec Jean-Paul Rappeneau sur Cyrano de Bergerac dont la partition, en équilibre entre musique baroque, romantique et actuelle, lui vaut César, British Award, et Victoire de la Musique. (…) Avec Mayrig (1991), Petit sera aussi le dernier compositeur à travailler avec Henri Verneuil : l’utilisation du doudouk, flûte arménienne, exprime là un retour aux racines. (…)
Cette étiquette "compositeur de productions historiques, à dimension patrimoniale'', à la fois assumée et jugée réductrice par l'intéressé, camoufle d'autres facettes de sa personnalité, sans doute plus secrètes, voire plus personnelles : une partition funambulesque entre modernité et romantisme pour Deux, le film le plus singulier de Claude Zidi ; un humour triste et désenchanté pour Le Zèbre de Jean Poiret, humour qu'il prolongera sur Désiré (Guitry revu par Bernard Murat) ou les comédies de meurs réalisées par le scénariste Eric Assous (Les Gens en maillot de bain ne sont pas forcément superficiels, Sexes très opposés) ; une fidélité inconditionnelle à son premier cinéaste, Gérard Mordillat, notamment avec En compagnie d'Antonin Artaud et son combo aux blues déchirants. À l’aube du XXIème siècle, Jean-Claude Petit se lance dans l'aventure d'un opéra populaire d'aujourd’hui, Sans famille, créé à l'Opéra de Nice début 2007. Il est également rattrapé par les années soixante-dix : propulsé metteur en scène, le romancier Yann Moix lui confie la musique de Podium. Le compositeur replonge alors dans sa période variété, avec comme mission de réenregistrer à l'identique ses arrangements pour Claude François, sur lesquels Benoît Poelvoorde posera sa voix. Paradoxalement, c'est en renouant avec son propre passé musical que Jean-Claude Petit est redevenu un compositeur de son temps."
Bien dit, Stéphane. Avec le petit qui enchaîne gastro sur bonchiolite et la grande qui a une double otite, ton merveilleux portrait-prêt-à-publier de Jean-Claude m’a fait gagner un peu de temps – de quoi étendre le linge, ranger mon bureau, payer les factures en retard et me dire que je n’ai toujours pas écrit une ligne de mon prochain roman.
… Stéphane Lerouge et moi avons quelque chose en commun… Devinez quoi ?
(nos initiales).
Je vous laisse vite prendre contact avec le Conservatoire de Douai pour assister à ce concert en images.

Commentaires